Lesbianismes

Samedi 20 septembre 2008


Voici un article coup de poing publié par El Watan, qui fait l'état des lieux de l'homosexualité en Algérie ... pour info, l'homosexualité est toujours sévèrement punie par la loi (articles 333 et 338 du Code Pénal).

Je vous le livre tel quel, rien n'est à jeter, simplement je mettrai en exergue les parties les plus informatives sur les femmes.

Communauté des homosexuels en Algérie

« Nous sommes tous des passagers clandestins »

 

Si l’homosexualité reste aujourd’hui un tabou important, les homosexuels sont sortis de leur isolement, grâce à Internet, et une communauté discrète émerge dans les grandes villes du pays l Bien que la pratique soit définie comme « acte contre nature » et criminalisée par les articles 333 et 338 du code pénal, les homosexuels, contraints généralement à mener une double vie, tentent d’adapter leur identité à une société qui les marginalise et les tolère tout à la fois.

Nous sommes devenus des experts en mensonges, des schizophrènes à l’image de la société algérienne tout entière. » C’est sur cette phrase, ou presque, que Karim débute le récit de sa vie, ému et volubile dans le décor pastel d’un salon de thé. Trentenaire, aide-soignant à Constantine, marié depuis 4 ans et père d’une petite fille, il a pu nommer, à l’âge de 12 ans, au hasard d’un livre médical sur La psychologie de l’anormal, ce désir naissant et cette étrange sensation d’être unique qui le taraudait depuis longtemps : l’homosexualité. Dès lors, un long et chaotique parcours de culpabilité commence : de fugues en visites chez des psys, de confidences évasives à une mère qui le met sous surveillance à une pratique soudaine et excessive des commandements religieux, d’espoirs en dépressions, Karim tente, plusieurs fois, de mettre fin à sa vie, une vie où il a pourtant connu neuf années d’un amour intense avec un homme qui a fini par épouser… sa sœur. Pressé par ses parents, il se résigne à se marier avec une femme dont il ne partage plus la chambre. « Ce mariage, je l’ai vécu comme un viol. Ma femme, je ne peux pas la rendre heureuse. Je ne peux pas. » Pour exister derrière le masque et trouver une issue identitaire à la négation sociale, il écrit, crée des réseaux, milite clandestinement, notamment à travers la création d’un blog et l’ouverture d’un cybercafé qui serait, comme beaucoup d’autres et en toute discrétion, « un refuge, un repos ». « Internet a été un vrai soulagement pour nous, explique-t-il. ça nous a sortis d’un isolement mortel. » Il a d’ailleurs trouvé son homme du moment, sur un site de rencontres très prisé. Quelques heures plus tard, adossé à la banquette moelleuse d’un bar de nuit enfumé, Redwane, jeune écrivain truculent et raffiné, s’égosille malicieusement sur : « Je suis un homo, comme ils disent », la célèbre chanson de Charles Aznavour. L’univers amical et festif, ce soir, essentiellement hétérosexuel et féminin, où il évolue en toute liberté, c’est la part officieuse de sa vie : « Si mes parents savaient, ils me tueraient carrément. » Exemples de doubles vies déclinables à l’envi. Ce phénomène souterrain mais réel et inscrit dans le champ des pratiques sociales invisibles s’estompe au fur et à mesure que l’on monte dans les sphères de la société. Kamel, la trentaine, élégant, travaille dans une importante société étrangère. Il connaît Paris et son quartier célèbre du Marais, mais l’évoque dans une moue indolente : « Alger est infiniment plus drôle. » Son plaisir à lui, c’est la finition haute couture, l’originalité et l’allure. « Il faut oser. Ces vêtements, c’est comme une armure. Je peux arriver au boulot avec un costume rose, personne n’osera me poser de questions. ». « Et la famille ? » « Les choses sont claires, on ne s’étale pas. » Autant d’éléments qui, de son point de vue, le distinguent des « cas sociaux », comme il les nomme négligemment.

Déni légal, déni social

Si en Algérie comme ailleurs l’homosexualité est plurielle, la réponse est la même pour tous : articles 333 et 338 du code pénal. Lorsque l’outrage public à la pudeur, puni de deux mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 à 2000 DA, consiste « en un acte contre nature avec un individu du même sexe », la peine passe de six mois à trois années de prison et d’une amende de 1000 à 10 000 DA. Et l’article 338 punit tout acte d’homosexualité de 2 mois à 2 ans de prison et de 500 à 2000 DA d’amende.
« En criminalisant notre sexualité, on criminalise notre identité toute entière, notre quotidien, notre vie. On nous réduit à un acte sexuel. Du coup, on a du mal à se voir autrement, à s’accepter », souligne Momo, jeune et fragile étudiant en droit à Alger, croisé dans un café. Impossible avec cette loi de créer une association ou d’ouvrir un lieu ouvertement destiné à cette population. En conséquence, par exemple, nombre d’associations de prévention et de lutte contre le VIH n’osent pas s’aventurer, sous peine d’amalgames compromettants, dans une démarche de travail officielle vers la communauté homosexuelle.

« J’ai contacté une association féminine pour l’épanouissement de la personne et l’exercice de la citoyenneté. Elles n’ont pas souhaité me répondre », raconte Fatima, jeune étudiante de Tébessa, spontanée, combative et qui aime les femmes. Dans les grandes villes, cependant, divers lieux sont confidentiellement destinés à la population homosexuelle et, de fait, discrétion oblige, la clientèle est mixte, ce qui permet un brassage permanent des identités.

Mais, plus grave, cette relégation de l’homosexualité au rang des comportements illégaux se double d’une impossibilité d’accès aux droits les plus évidents : « Il y a quelques années, j’ai subi une tentative de viol par un ancien camarade d’école marié. Comme je me suis défendu, il a paniqué, il a essayé de m’écraser avec sa voiture. Je ne peux pas porter plainte. Tu imagines un flic remplir gentiment son procès-verbal ? Laisse tomber. On a toujours été à la fois la cible des intégristes et les victimes de la police », explique Karim dans un sourire amer. « Cette loi est une épée au-dessus de nos têtes et elle donne raison à tous de nous maltraiter », conclut-il. Pourtant, l’existence des articles 333 et 338 est assez méconnue, même par les premiers concernés. C’est qu’ils sont, dans les faits, peu appliqués. Ils ne font que couronner un climat de peur, de honte ou de malaise qui est, en fait, entretenu par une censure sociale, familiale et religieuse concernant la sexualité en général et les comportements sexuels dits « déviants » en particulier, considérés globalement comme un danger pour l’ordre social et la préservation de la culture musulmane. « Franchement, en soi, l’homosexualité me dégoûte carrément, explique Amin, jeune marié moderne. J’ai pourtant eu un voisin homo d’un certain âge qui était quelqu’un de très bien. Il n’en faisait pas étalage, il rendait tout le temps service, normal. En fait, si on n’accepte pas cette sexualité, c’est qu’on a peur qu’ensuite ça prenne de l’ampleur et qu’il y ait un oubli progressif des valeurs musulmanes qui sont notre force identitaire et culturelle. » Cette peur se traduit par l’existence d’un cadre législatif clair, qui s’appuie sur la charia islamique et n’envisage la sexualité que sous l’angle de la procréation dans le cadre du mariage. « Il n’y a rien de positif dans cet acte contre nature, affirme le conseiller en communication du ministre des Affaires religieuses. Il faut encourager la croissance démographique et donc encourager le mariage entre l’homme et la femme, c’est cela qui est conforme à toutes les lois du monde et aux lois de toutes les religions monothéistes. » Le conseiller du ministre estime ainsi que sur tout le territoire algérien, ils ne sont pas plus de 2000, un chiffre qui, sur une population d’environ 35 millions de personnes, en fait implicitement une minorité négligeable, logiquement marginalisée. De visu, ce chiffre est largement contestable et contesté par de nombreuses associations étrangères qui estiment de façon générale que la population homosexuelle représente au moins 6 à 8% de la population globale de chaque pays du monde. Mais dans ce contexte où l’identité homosexuelle ne peut être ouvertement déclarée, une étude chiffrée fiable n’a jamais pu être effectuée. « Dans un pays où on chasse les amoureux des parcs, quand il y a une visite d’un chef d’Etat, comment veux-tu qu’on tolère ouvertement les ‘’nekoucha’’ ? », s’esclaffe Redwane.

Rejet religieux et maladie morale

« L’Algérie est un pays musulman. La religion accompagne la vie quotidienne. Si tu rajoutes les traditions, le tout mélangé à l’hypocrisie… Ils connaissent notre existence mais ouvrir le débat, c’est inenvisageable pour eux, c’est contre nature, point à la ligne, débrouillez-vous ! », tempête Fatima. Néanmoins, nombreux sont ceux et celles qui souhaitent rester clandestins. « Pour vivre heureux, vivons cachés » est une expression qui revient souvent. « Ils ont peur d’être amalgamés avec les “folles” ou les “transgenres”, qui s’assument d’ailleurs radicalement, et les prostitués, qui le sont souvent devenus après s’être fait jeter de leur famille. Ils pensent que la clandestinité est la seule liberté à laquelle ils peuvent aspirer. Mais la liberté, ce n’est pas ça ! On ne veut pas une gay-pride ou le droit de s’embrasser en pleine rue. Nous sommes aussi des musulmans, même si, du coup, notre orientation peut rendre notre rapport à Dieu très compliqué. On désire juste avoir le droit à la différence et à la dépénalisation de notre identité. ça prendra un temps fou », précise calmement Karim. Cette revendication semble bien outrancière à l’imam Youssef El Qaradhawi, idéologue des Frères musulmans et auteur du livre Le licite et l’Illicite où l’on peut lire que, si les opinions des juristes de l’Islam divergèrent concernant « les punitions de cette abominable pratique », le meurtre des homosexuels « n’est qu’un moyen pour épurer la société islamique de ces êtres nocifs qui ne conduisent qu’à la perte de l’humanité ». Cette lecture fondamentaliste du texte sacré, que tous les musulmans ne partagent certes pas, nous a été confirmée par le mufti Yahia, au ministère des Affaires religieuses (cf. article ci-contre) : « L’homosexualité est une inversion contraire à la nature qu’il faut soigner et, littéralement, dans le texte, punie de mort. Comment, dès lors, ne pas percevoir cette pratique comme une aberration ? » « On en est tous imprégnés, raconte Karim. Pour ma première tentative de suicide, j’ai voulu me jeter du haut d’un ravin avec la voiture de mon père. J’avais 18 ans. Depuis, j’ai appris que l’Islam punit l’homosexuel en le jetant du haut d’une falaise. C’est marrant, non ? » Ce refoulement de l’homosexualité en tant que pratique non conforme à la loi de Dieu aboutit parfois à la théorie d’une homosexualité importée d’Occident, « tare de la race blanche », amalgamée avec la maladie mentale, voire la maladie morale, comme incapacité de résistance à une pulsion ou à la pédophilie. Au mieux, comme on peut le lire sur les nombreux forums de discussion de sites religieux, où le sujet est d’ailleurs régulièrement examiné avec une docte bienveillance, l’homosexualité est une maladie ou une déviation du droit chemin qu’il faut accompagner et guérir, notamment par le « sabar ». « Je ne suis pas malade. Ma sexualité n’est pas un choix ni une malédiction. Je suis comme ça. Point », martèle Momo qui, paradoxalement, dit comprendre la lapidation des homosexuels et souhaite se marier un jour, afin d’être en accord avec sa religion. Pour la majorité d’entre eux, la clandestinité est donc la seule voie : « Je m’assume mais m’afficher, c’est impossible », explique Fatima. « L’homosexualité est essentiellement envisagée sous l’angle masculin. Elle est vécue dans les sociétés arabo-musulmanes comme une dépravation, c’est vrai, mais aussi comme une maladie de la virilité. Alors que chez nous, l’homme doit être un conquérant, un pilier. C’est aussi ça qui dérange. C’est la honte. Du coup, beaucoup d’homos se déguisent en machos avec leurs potes de quartier. C’est de l’hypocrisie : du fait de la séparation hommes/femmes de notre société, nombreux sont les hétéros qui ont eu leur première expérience sexuelle avec un partenaire du même sexe. La frontière est plus ténue qu’ailleurs. L’homosexuel ou la prostitution masculine, en Algérie, c’est aussi la sexualité du pauvre ou de l’hétéro en manque. On se fait souvent draguer par des hétéros mariés, faut pas croire », affirme Abdelkader, discret militant de la cause.

Entre le rêve et l’affirmation de soi

« On rêve de cette vie, quitter le bled pour vivre là où l’identité gay est acceptée et le droit protégé, un vrai paradis gay sur terre ! Mais je suis prête à mener le combat ici même si je sais qu’un jour, ça me tombera sur la tête… », écrit Fatima. La « harba » ou la lutte est un dilemme pour cette jeune femme, qui affirme son homosexualité par petites touches, de ses tenues gothiques customisées au pin’s arc-en-ciel, symbole international des homosexuels, sur le sac de cours. Elle a fait son coming-out (révélation de son homosexualité) à trois de ses amis, qui n’ont pas changé d’attitude envers elle depuis. « Ils m’ont acceptée comme je suis. En Algérie, ceux qui ont une certaine ouverture d’esprit et ceux qui se sont ouverts aux autres cultures nous acceptent mieux. Pour ce pays fermé sur lui-même, c’est rassurant », raconte-t-elle. Effectivement, à Alger, comme dans de nombreuses grandes villes, la visibilité des homosexuels grandit : dans cette capitale où l’anonymat contribue à l’aisance, certaines places bien connues sont devenues des lieux de rencontres diurnes. Il suffira d’un sourire pour créer le lien et entrer rapidement dans le « vif du sujet ». La clandestinité ne permettant pas de longues tergiversations, les propositions sont étonnamment directes. Une communauté embryonnaire émerge donc, à travers Internet, se rencontre dans les cafés ou les salons de thé, fréquente des boîtes de nuit à population mixte connues pour leur « accueil » indifférencié, les restaurants nocturnes à l’atmosphère cossue ou les concerts de certaines icones du raï. La révélation de son homosexualité se fait entre amis, dans le cercle intime, auprès d’une tante moins traditionnaliste ou d’un cousin compréhensif. Si la prudence reste de mise dans son quartier et est souvent vitale au sein du noyau familial, un espace de liberté privée, vital lui aussi, s’ouvre, mêlant homosexuels et hétérosexuels. « Il y a vingt ans, un homo, dans mon quartier, on lui lançait des pierres. Aujourd’hui, on lui parle normal. Je ne sais pas si c’est bien mais c’est comme ça », constate Azzedine, perplexe. « Redwane est comme il est, c’est mon ami, je ne fais pas abstraction de son homosexualité, je n’en fais pas un plat non plus. Ça lui appartient, c’est tout. Quand on aime les gens, on ne fait pas le tri », confie pudiquement Mus’, qui esquive cependant discrètement un geste amical un peu appuyé de son camarade. Mais si l’acceptation et la mixité sociale sont en marche, les difficultés, notamment au sein de la famille, restent énormes. « Mon frère a trouvé une lettre d’amour d’un ex. Il ne m’a plus jamais adressé la parole. Je ne comprenais pas pourquoi, jusqu’à ce qu’il me croise avec un ami pas très loin de mon quartier. En pleine rue, il m’a frappé et m’a menacé de tout révéler à mes parents. C’était intenable, je suis parti. Et j’ai pas mal galéré », raconte pudiquement Momo, les larmes aux yeux. « Je suis algérien, musulman et homo, autant dire un extraterrestre sous antidépresseurs », conclut-il cyniquement. Et pour nombre d’entre eux, leur planète est ailleurs, de l’autre côté des frontières, de l’autre côté de l’exil. Mais s’expatrier n’est pas si simple : « Pour faire une demande d’asile en tant qu’homosexuel en France, il faut apporter des preuves de persécutions personnelles et prouver que l’on court des risques sur l’ensemble du territoire algérien, c’est-à-dire qu’on a déménagé plusieurs fois et qu’on a subi partout des harcèlements », explique Hugues, membre d’une association française qui travaille à la reconnaissance du droit à l’immigration et au séjour des personnes homosexuelles. Les cas qui aboutissent sont rares, mais nombreuses sont les associations européennes qui œuvrent discrètement et parfois illégalement à l’accueil des étrangers homosexuels. « Notre enfermement est multiple, territorial, familial, religieux, intime. Le pire est de réaliser que dans ce pays où je suis né, mon homosexualité est un crime mais l’homophobie, même la plus violente, non. Même les ligues de droits de l’homme se désintéressent de notre cas. J’aimerais partir mais j’ai une fille à élever, elle n’a rien demandé. Et si je dévoile ma sexualité, j’ai peur qu’on l’élève dans la haine de son père. Je ne sais pas quoi faire. Alors, j’essaye de me battre, d’agir, de rassembler. On me dit que je suis fou mais tout ça prend vraiment forme. Ma religion veut des hommes conquérants ? A ma façon, j’en suis un », sourit Karim. Et, l’œil rieur, il cite une phrase de Tahar Ben Jelloun : « La nature crée des différences, la société en fait des inégalités. »

 

Delphine Gourlay (EL WATAN, 4 septembre 2007)

 

Par L
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Samedi 17 mai 2008

17 mai: journée internationale contre l'homophobie

... je m'y prends tard ... je suis sans excuse ... mais si vous passez par ici parce que vous êtes de fidèles lectrices (et lecteurs), vous êtes récompenséEs !
D'humeur festive, je vous propose un tour de France et d'autres pays des activités en direction des tribus L, G, B, T ("tribus", oui, allez on se détend):

Quelques exemples (bien choisis):

FRANCE

- A Lille: 17h-19h30, au Cinéma l’Univers, 16 rue Georges Danton, projection du documentaire Out in Iran, la vie des homosexuels en Iran, 2007, de Farid Haerinejad (30 min), puis discussion sur la solidarité internationale avec les personnes LGBT.
21h30-22h30, au Cinéma l’Univers, 16 rue Georges Danton, 21h30-22h30, projection du documentaire « Réflexions », de Eléonore Gachet et Lise Leboeuf, présentant le témoignage de plusieurs femmes homosexuelles au Costa Rica, à Hawaï, en Nouvelle Zélande et à Hong Kong. Débat en présence des réalisatrices.

- A Flers:  21h15, au cinéma Le Flers, Projection du film « Les Filles du Botaniste », suivie d’un débat organisé par les associations Orne en Ciel et SOS Homophobie.


- A Grenoble: De 10h à 19h, Rue Félix Poulat, Forum de sensibilisation et de visibilité. Pour être visible, pour aller à la rencontre des passants, pour engager la discussion, pour témoigner, pour interpeller ... sur le ressenti des personnes qui ont à faire face à la norme hétérosexuelle et la dépréciation de tout autre orientation sexuelle et identité de genre. Venez en apprendre un peu, beaucoup sur ce que c’est que d’être LGBT, et d’avoir à s’assumer, venez vous mettre, le temps d’une journée, dans la peau d’un jeune homo, ou venez demander avec nous le changement du regard que la société porte sur les LGBT. Stands inter-associatifs Exposition de témoignages, de peintures et de supports de sensibilisation Diffusion de clips vidéo Concerts, etc.

- A Lyon: 16h : « Queers et Transgenres : héritiers du FHAR ? », débat avec Wendy Delorme, doctorante et enseignante en Sciences humaines et sociales à Paris IV-Sorbonne, performeuse queer, auteure du roman Quatrième génération (Grasset, 2007), et avec Les Panthères Roses.

- A Marseille:  14h45 : Etat des lieux dans les pays du pourtour méditerranéen* (30′) Stéphane Garneri, chercheur-doctorant à la faculté d’Aix-Marseille, présente l’état des lieux dans les pays du pourtour méditerranéen ((homophobie d’Etat, asile, immigration, partenariat de même sexe, adoption, lutte contre la haine et la violence…).
[*Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Egypte, Territoire de Gaza sous autorité palestinienne, Israël, Liban, Syrie, Turquie, Chypre, Grèce, Malte, Albanie, Bosnie-Herzégovine, Monténégro, Croatie, Slovénie, Italie, Espagne]

- A Nouméa: Café-philo, vers 19 sur « Saphisme et féminisme », au bar restaurant « Le Bout du monde », 4 rue de la Frégate Nivôse, organisé par Homosphère.

- A Paris: De 10h à 21h, accueil au local du MAG, 106 rue de Montreuil, M°Avron ou Nation ; un mur sera destiné à recevoir tous les messages ou témoignages sur la lesbophobie.
14h, débat organisé à la mairie du 3e arrondissement, « Homos et lycéens en banlieue, quel quotidien pour quels interlocuteurs ? » Lancement d’un questionnaire à destination des jeunes entre 14 et 21 ans. Questionnaire disponible à l’adresse suivante : www.begay.fr/questionnaire.php.
[Je ne sais pas ce qu'ils mettent derrière les mots "homos et lycées", je suppose que cela inclut évidemment les filles ... enfin ils ont intérêt, si vous avez des retombées, écrivez-nous! Franchement, rien d'époustouflant à Paris, et pourtant le maire est gay ! En plus, c'est la nuit des musées ... si vous notez des évènements hauts en couleurSS, laissez-nous un mot.]

- A Reims: 20h, soirée festive au bar Le Vergeur, organisée par « Les Désobéissant-e-s, groupe féministe, mixte et laïque, anti-sexiste, anti-raciste, favorable aux droits des gays et des lesbiennes.

- A Rennes: lancement de la campagne de prévention santé pour les femmes lesbiennes, en partenariat avec les sœurs de la Perpétuelle Indulgence. Des brochures du CRIPS seront diffusées dans les associations et bars LGBT du grand ouest : Bretagne (Ille-et-Vilaine, Morbihan, Finistère, Côtes d’Armor) et Pays de la Loire (Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Sarthe, Mayenne, Vendée), campagne également destinée à lutter contre la lesbophobie. Accueil à l’espace « café-discussions » Distribution du quizz : quel homophobe êtes vous ? Table d’information des différentes associations Parcours de l’homosexualité : Les droits des homos dans le monde : Sexisme et homophobie : Homophobie au travail Espace lecture, vidéo avec : Un court métrage sur différentes discriminations à l’embauche Une bande dessinée sur le même thème.

- A Tours: De 14h à 18h00, place Jean Jaurès, forum associatif sur le thème « Lesbophobie, sexisme : même combat ! », en présence de la LGP Région Centre, Amnesty International, MFPF 37 et d’autres, parcours de vie, pour se confronter aux réalités vécues quotidiennement par les personnes LGBT.

POUR DE PLUS AMPLES INFORMATIONS, cliquez ici ! [l y a d'autres villes et d'autres jours]

C'est simple, aucun pays arabe (si l'on excepte le Liban) ne propose de manifestation ... y a encore du chemin ... dire que certains se contentent de "pantoufler" tranquillement !

Des droits, ça se partage aussi avec les voisins, vous ne croyez pas ?


Par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres
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Dimanche 23 mars 2008

[Suite de l'article de Nella Nobili, publié dans Le Magazine Littéraire n°163]



ReneeVivien-NatalieCliffordBarney.jpg Les folles amours de Renée Vivien et de Natalie Barney défrayent alors les chroniques, mais elles sont facilement admises car leurs protagonistes font partie des excentriques intouchables, artistes et milliardaires. L'oeuvre de Renée Vivien, versificatrice prolixe, demeure comme un témoignage de moeurs et de mode d'un moment somme toute privilégié, représentatif d'une face du lesbianisme par ailleurs réprimé. C'est l'époque où les suffragettes descendent dans la rue pour obtenir les droits les plus élémentaires des femmes.
On fait volontiers l'amalgame de ces femmes avec les "viragos" et les "homasses" lesbiennes.
Ce mouvement, dès ses débuts, est combattu et la vague de répression englobe toutes ces femmes qui veulent se singulariser, se "libérer". Toutes se heurtent à la même réprobation publique.

Plus efficacement, cette fois, la psychiatrie prend la relève. On commence par dissocier, disséquer le transport amoureux qui, surtout chez les femmes, forme réellement un tout: sentiment, sensualité, sexualité. Réduit la seule sexualité - auparavant l'Eglise avait réduit de même les choses du sexe à la bestialité - l'amour lesbien devient sous la plume prolixe de ces Messieurs l'expression de toutes les perversions polymorphes de la femme.

« C’est le phallus symbolique qui manque à la femme et que l’homosexuelle rêve de posséder, malgré qu’il puisse être, à l’état normal, remplacé pour elle par l’enfant. »

Voilà, le masque est jeté ! La femme a un devoir et un seul : mettre au monde des enfants. Hors de cela point de salut.


Et puis il y a les manque qui se rattachent à la prétendue infériorité féminine. Le phallus ! Les hommes, même les plus subtils, ont utilisé cet argument-clef pour expliquer aux femmes égarées dans les amours lesbiennes, leur incommensurable misère sexuelle due au manque de l’objet miracle qu’ils sont les seuls à détenir.

Analystes, poètes, écrivains ont stigmatisé l’inconfort provenant de ce manque fatidique dans l’amour lesbien, amour insatisfait par excellence. Dans ses beaux et terribles poèmes « maudits », Baudelaire n’échappe pas à tous les poncifs du genre. Les contempteurs de ces amours omettent l’essentiel, à savoir que tout amour-passion porte en lui la sensation d’inassouvissement.

Ni hormonal ni schizophrène, l’amour lesbien est un moment entier et complet dans la vie d’une femme. Il dure parfois toute une vie et procède souvent d’un désir, d’une nostalgie d’une autre soi-même qui serait à la fois la sœur, la mère, l’amante et aussi, pourquoi pas, le mari.


Cet amour recèle une part de narcissisme, que l’on trouve dans toute forme d’amour, avec la secrète mouvance d’aller vers soi à travers l’autre. Ici, l’autre apporte en don les sensations merveilleuses de la première, inscrites dans la mémoire cellulaire de chacune d’une façon indélébile. Les seins, le ventre doux et chaud, le nid maternel protecteur, consolateur et accueillant, attirent autant la fille que le garçon. Ce dernier, dès sa puberté, n’a pas de cesse que de retrouver ces sensations avec les femmes. Les adolescentes, dans cette quête identique, ne trouvent pas ce qu’elles cherchent dans les premières étreintes maladroites de leurs partenaires.

 

Confrontées à une sexualité qui leur est étrangère, une grande partie des femmes préfèrent ne pas vivre leur propre sexualité mais subir leur partenaire, plutôt que de revendiquer une part plus entière dans la découverte de la jouissance. Toutes les enquêtes révèlent l’insatisfaction profonde des femmes sur le plan sensuel-sexuel. Ce refoulement sensibilise d’autant plus leur vie sentimentale comme par un jeu de sublimation acquis, par ailleurs, en mimant le comportement de leurs mères.

 

Tenter de dire l’amour lesbien est une entreprise difficile. Son approche demeure pourtant possible. Les sensations foudroyantes décrites par de nombreuses femmes lors de la rencontre amoureuse avec une autre femme, paraissent surgir des profondeurs de l’être féminin où dorment toutes les potentialités archaïques de l’être humain, auquel il n’a été donné de vivre  qu’une infime partie de ses possibilités amoureuses.

 

Aujourd’hui les femmes plus libérées approchent cet amour sans complexes. Parce qu’elles peuvent vivre indépendantes, avoir des enfants hors mariage, les femmes choisissent librement ses amours qui, d’ailleurs, au cours d’une vie, s’alternent parfois avec un égal bonheur avec des amours plus conventionnelles.

Pour nombre de femmes, l’amour lesbien demeure un choix, une possibilité dans la recherche du bonheur, auquel les générations actuelles s’appliquent avec un acharnement tel qu’il est devenu pour elles un but, un idéal de vie.

 

 

Par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres
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Samedi 22 mars 2008

Pour fêter le printemps comme il se doit, nous allons consacrer quelques billets à l'amour lesbien.
Cet article est tiré d'un ancien numéro  du Magazine littéraire, datant de (cette bonne année) 1980 ! Il retrace l'amour lesbien à travers les âges. Cet excellent extrait du dossier consacré à l'homosexualité est écrit par Nella Nobili.


Chut.jpg


Le primate femelle qui, le premier, se lia de tendre affection avec la favorite du mâle dominant et se procura ainsi, avec baisers et caresses, une protection et une meilleure nourriture, fut certainement le premier chaînon qui, à travers la fragile Lucy, nous permet de remonter l'échelle incertaine conduisant aux hommes et aux femmes jusqu'au creuset où se fondit l'amour lesbien avant Lesbos.
Trop occupé à chasser les mâles au rut impérieux, ce mari trompé ne s'offusqua point de l'idylle de son épouse avec sa congénère. Obnubilé par sa puissance, il put croire qu'une deuxième femelle avait pris place dans sa couche pour se soumettre à son irrésistible emprise. Et il toléra cette intruse sans chercher plus loin, du moment qu'elle avait l'odeur femelle.
Ce schéma dut se répéter pour nombre d'humanoïdes, avec un égal bonheur et avec le meilleur profit pour tout le monde.
Jusqu'au jour où la culture culturelle s'en mêla.
Les premières manifestations d'intolérance à l'égard de l'amour lesbien apparurent lorsque certaines religions inculquèrent aux femmes le sentiment du péché. A partir de ce moment, elles durent se cacher pour toutes sortes de transgressions qui allaient - avec une belle unanimité - dans le sens de l'assouvissement de leurs désirs.
Ces transgressions charriaient l'inévitable cortège de mensonges, culpabilités, deuils. Et cet amour-là fut maudit avant d'être réprimé et puni par le pouvoir en place, et plus tard par la psychiatrie des sociétés.

Les traces historiques et littéraires que l'amour lesbien a laissées avant le XIXème siècle sont minimes. Une exception, l'oeuvre de Sappho. Elle brille comme un soleil noir à travers les siècles mais nous n'en possédons que des fragments. 
En effet, se sécrits sont brûlés à deux reprises (au IIème siècle et vers 380). 
Une autre littérature - les minutes de procès pour perversité sexuelle - relate au fil du temps les répressions auxquelles l'amour lesbien a été soumis. 
Ainsi en 1535 une femme qui portait des habits d'homme est brûlée à Fontaines, une autre est pendue pour le même motif à Vitry-le-François. 
Au début du XIIIème siècle on trouve quelques traces de l'amour lesbien dans un copntexte plus propice. En plein amour courtois, une femme, Bieiris de Romans, s'adresse à une autre femme: 

" ... Je vous prie, s'il vous plaît, et au nom de l'honneur,
de ne point accorder vos faveurs à un rustre
Belle dame en qui joie et mérite s'exaltent,
et gentil parler aussi ... à vous je destine mes strophes;
car c'est en vous que sont bonheur et gaité
et tout le bien qu'on peut d'une femme espérer."

Les amours lesbiennes occuperaient un espace plus important dans la littérature si de nombreuses femmes écrivains, avant le XIXème siècle, n'avaient sans doute préféré déguiser leur héroïne avec un habit et un nom masculins, ou signer leurs écrit d'un nom d'homme, pour rester fidèles à une image immuable et figée de la féminité avec laquelle on n'a jamais transigé.

L'histoire parallèle et non écrite des amours féminines des reines et de leurs favorites, ces fidèles amies qui les suivaient jusque sur l'échafaud, pourrait constituer un genre à part dans une littérature lesbienne inexistante.
Pour ces femmes régnantes, les amitiés féminines étaient bien plus qu'un simple "repos du guerrier" entre deux accouchements royaux. Les épouses impériales trouvaient en elles de grandes consolatrices, parfois des conseillères.
L'amour lesbien a pu s'épanouir facilement durant les longues absences des hommes occupés par des guerres interminables. Comme il peut naître dans des lieux de réclusion tels les harems et les prisons. Mais cela n'est pas suffisant pour en déduire qu'il s'agit là d'un amour de remplacement, mieux admis et mieux toléré parce qu'il ne porte pas atteinte - en apparence - à l'honneur conjugal.
Il n'en est rien. Les interessées sont bien placées pour savoir quels ravages cet amour porte avec lui, comme tout amour qui opère une incursion dans le territoire du couple établi.

Cette expression amoureuse enfin était et reste, dans une certaine mesure, persécutée car elle contient en germe le facteur de subversion qui s'attache à toute manifestation parfaitement gratuite. La non-finalité génétique, l'expression,  du désir hors normes, l'amour pour l'amour, la recherche des plaisirs interdits, peuvent détourner le sens de l'évolution d'une société établie selon certaines normes, et par là même accélérer sa décadence, sa perte.

L'avènement de la psychiatrie a bien failli porter un coup fatal à l'existence de l'homosexualité féminine. Dès le début du XXème siècle, l'acharnement thérapeutique - prenant le relais des instances religieuses, avec un égal malheur pour les femmes - a voulu normaliser, guérir, banaliser des personnalités fourvoyées; celles de femmes porteuses de "troubles sexuels". Cette définition, souvent, a été moins anodine, désignant ces troubles comme des perversions, des névroses, de la folie. Les amours interdites, damnées auparavant, ont glissé naturellement dans la pathologie médicale psychiatrique.



fillemec.gif La sorcellerie, d'abord, l'hystérie ensuite, en permanence l'amour lesbien est ainsi voué aux gémonies. Explication commode autant que tendancieuse et inexacte. Avec la dérision en prime.
En 1889, dans le Guide des plaisirs, une brasserie lesbienne de Montmartre est signalée comme curiosité pathologique ...

Début 1900, les moeurs, la mode, le féminisme naissant, ont poussé nombre de lesbiennes à assumer des rôles et des attitudes stéréotypés. La "garçonne", produit d'une vogue vestimentaire, est célébrée par une littérature masculine essentiellement voyeuriste qui projetait ses fantasmes dans l'espace des libertés de pacotille de la Belle Epoque.

[ à suivre ! ]




Par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres
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Lundi 28 janvier 2008
Quel que soit le terme arabe désignant les femmes lesbiennes, la réalité que recouvre l'homosexualité féminine en terre arabe reste tabou.
Très peu de femmes arabes ou berbères avouent leur homosexualité, préférant (une préférence au goût amer) d'autres parades: certaines choisissent de ne pas choisir leur sexualité, en contractant mariage (de plein gré ou contraintes et forcées !) ou en sur-vivant, puisqu'une partie d'elles s'en trouve niée, oblitérée ...

cinema-feminin-2.jpg
[photo film "Rachida" de Yamina Chouikh]



Leïla

Par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres
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Lundi 28 janvier 2008

algeriefemmechainefaridbenyaa0.jpg

 

"Être ou ne pas être, c'est le combat quotidien des lesbiennes arabes, maghrébines là où elles vivent, en exil ou au pays natal pour faire entendre leur voix ! Cette voix que les sociétés arabes veulent étouffer.

Mais dans les ténèbres de l'hiver a jailli notre collectif, les N'DéeSses, un collectif de lesbiennes arabes sur l’initiative de lesbiennes Algériennes vivant en Algérie et en France. Les N'DéeSses par notre volonté et notre détermination voulons faire entendre ces voix par le biais de notre site.

SEHAKIA est le terme arabe pour LESBIENNE. Choisir ce nom répond à notre objectif de donner voix aux lesbiennes arabes et maghrébines, via ce site, sehakia.org, que nous voulons un espace de réflexion, d'information et d'échange. Il est le pont vers toutes les lesbiennes arabes là où elles se trouvent dans le monde car nos préoccupations et nos rêves sont proches, notre culture et notre histoire sont communes, car il est temps pour les lesbiennes arabes, maghrébines de se révolter et dire haut et fort : «J'EXISTE MALGRÉ EUX ! ». L'un de nos objectifs majeurs est de faire connaître l'existence des lesbiennes arabes, maghrébines et d'EXISTER comme lesbiennes arabes partout, en terres natales comme en terres d'exil. Nos combats visent à lutter contre le sexisme, l'hétéropatriarcat, la lesbophobie, l'homophobie des sociétés arabes. Nous aspirons clairement à des changements, des transformations en terres natales. Par ce site, nous escomptons offrir à toutes, et surtout à celles qui vivent en terres natales un espace pour créer des liens entre lesbiennes arabes en terres natales et en terres d'exil, pour rompre l'isolement et inviter aux échanges susceptibles de soutenir des actions. C'est pourquoi ce site sera autant que faire se peut trilingue, arabe, français, anglais, mais c'est l'arabe que nous entendons privilégier ( dès que nous aurons résolu les problèmes techniques liés à l'édition de pages Web en arabe ). Parce que nous sommes Algériennes et attachées aux réalités spécifiques nord-africaines, nous entendons également mettre en ligne des productions en langue berbère.

Nous avons conçu ce site comme un outil de diffusion des productions intellectuelles, culturelles des lesbiennes et femmes arabes, maghrébines comme un outil d'information qui couvre un large éventail, avec un accent mis sur la dimension juridique et pratique pour servir d'interface pour les lesbiennes et femmes en situation critique. C'est la modalité du fonctionnement en réseau que nous privilégions, par des liens étroits avec des groupes de femmes et lesbiennes féministes, des individualités, engagés dans ces luttes contre les différentes oppressions à l'intersection desquelles se trouvent les femmes et lesbiennes non occidentales. En terres d’exil, dans ce contexte post 11 septembre 2001 ( qui ne doit pas nous donner l'illusion d'un avant idyllique ), les pays occidentaux, dans le sillage des États-Unis ont mis en place sous couvert des luttes contre le terrorisme des politiques discriminatoires et scandaleuses à l'endroit des populations arabes et musulmanes ( assimilées comme telles, en s'appuyant sur les faciès, les ascendances plus que sur les seules nationalités ).

Comme lesbiennes arabes, nord-africaines en terres d'exil, nous appelons à lutter contre cette situation, dénoncer toutes les exactions commises impunément sur nos communautés, d'autant plus que cette situation rend encore plus critique celle des lesbiennes et gays arabes poussés à l'exil face aux dangers, de mort y compris, qu'ils encouraient à rester dans leurs pays. Pensons aux AlgérienNEs, aux EgyptienNEs pour les plus récents d'entre eux .

Ouvrir des Voies pour se faire les VoiX des lesbiennes arabes et maghrébines, telle est l’une des PRIORITÉS des N’DéeSses. Dans cette perspective, nous avons participé à la coordination du numéro 7 du magazine en ligne, Bint El Nas édité par des lesbiennes arabes américaines, intitulé « Terres Natales, Terres d'Exil : A la Recherche de Nos territoires. "Qu'est-ce que cela signifie pour chacune d'entre nous de nous définir comme lesbiennes Arabes ? Quelles stratégies avoir pour construire notre propre territoire où nous pourrons exprimer notre identité et notre culture en tant que lesbiennes ET arabes où que nous soyons ? Telles étaient les questions auxquelles nous appelions à contribuer. Ce numéro présente l’intérêt d’être complètement bilingue, français et anglais, avec quelques textes en arabe. Nous poursuivons sur notre propre site ce travail de recueil, de présentation et de traduction de productions originales, inédites de lesbiennes et de femmes, arabes et maghrébines en terres natales comme en terres d’exil."

[Ceci est un article publié sur le site de Maison des Femmes.]


Leïla

Par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres
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Dimanche 27 janvier 2008

andras_kallai_fat_barbie_2006_terra-copie-1.jpg


J’aimerais vous dire que l’année démarre sous de bons augures, que moult changements prennent enfin corps et que la bêtise humaine est en passe d’être éradiquée grâce à la découverte (in extremis et grâce aux dons inespérés des rois du pétrole, on peut toujours rêver) d’un vaccin qui sera désormais administré à tous les nouveau-nés (particulièrement à ceux du sexe masculin … bah ça contrebalance les foutaises sexistes dont on fait l’objet depuis la nuit des temps) mais il n’en est rien … nous, les femmes n’avons pas fini d’en baver … désormais la frontière entre les pays dits tiers-mondistes et les pays dits civilisés est bien ténue en ce début de nouvelle année.

Je ne vois, en effet, plus très bien la différence entre ce qui se passe dans le pays des droits de l’homme, ce pays qui doit sa renommée (surfaite depuis l’accès au trône du nimbus bling bling, m’est avis ...) au Siècle des Lumières, à dame Simone de Beauvoir (qu’on a tenté de mettre à nu, l’outrancière peopolisation à la Paris Match lui aurait, certainement, permis de développer des théories plus qu’intéressantes sur le pouvoir des talonnettes), Colette, George Sand et tant d’autres …ce même pays des droits de l’Homme bafoue celui des femmes, celui des homosexuelles, celui d’une institutrice qui aurait voulu adopter et qui a l’outrecuidance d’être du mauvais bord !

Quand on sait que les filles sont amenées à se positionner comme le sexe faible dès le plus jeune âge, amenées à s’attifer telles les Barbie/Carla ridicules des temps modernes et à bénéficier de moins de temps parental que les garçons (non, non, je n’invente rien, des études le prouvent) … quand elles cesseront d’être raillées pour leur taille et leur tenue vestimentaire, quand les garçons cesseront de faire claquer les bretelles du soutien-gorge des filles, quand les jeunes femmes ne seront plus raillées et salies parce qu’elles traînent avec des amis de sexe masculin, on sera peut-être passé dans une nouvelle ère.

Pour l’heure, nous ne sommes qu’en 2008 !




                                                                                                                                                                                             Leïla

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