Dimanche 23 mars 2008

[Suite de l'article de Nella Nobili, publié dans Le Magazine Littéraire n°163]



ReneeVivien-NatalieCliffordBarney.jpgLes folles amours de Renée Vivien et de Natalie Barney défrayent alors les chroniques, mais elles sont facilement admises car leurs protagonistes font partie des excentriques intouchables, artistes et milliardaires. L'oeuvre de Renée Vivien, versificatrice prolixe, demeure comme un témoignage de moeurs et de mode d'un moment somme toute privilégié, représentatif d'une face du lesbianisme par ailleurs réprimé. C'est l'époque où les suffragettes descendent dans la rue pour obtenir les droits les plus élémentaires des femmes.
On fait volontiers l'amalgame de ces femmes avec les "viragos" et les "homasses" lesbiennes.
Ce mouvement, dès ses débuts, est combattu et la vague de répression englobe toutes ces femmes qui veulent se singulariser, se "libérer". Toutes se heurtent à la même réprobation publique.

Plus efficacement, cette fois, la psychiatrie prend la relève. On commence par dissocier, disséquer le transport amoureux qui, surtout chez les femmes, forme réellement un tout: sentiment, sensualité, sexualité. Réduit la seule sexualité - auparavant l'Eglise avait réduit de même les choses du sexe à la bestialité - l'amour lesbien devient sous la plume prolixe de ces Messieurs l'expression de toutes les perversions polymorphes de la femme.

« C’est le phallus symbolique qui manque à la femme et que l’homosexuelle rêve de posséder, malgré qu’il puisse être, à l’état normal, remplacé pour elle par l’enfant. »

Voilà, le masque est jeté ! La femme a un devoir et un seul : mettre au monde des enfants. Hors de cela point de salut.


Et puis il y a les manque qui se rattachent à la prétendue infériorité féminine. Le phallus ! Les hommes, même les plus subtils, ont utilisé cet argument-clef pour expliquer aux femmes égarées dans les amours lesbiennes, leur incommensurable misère sexuelle due au manque de l’objet miracle qu’ils sont les seuls à détenir.

Analystes, poètes, écrivains ont stigmatisé l’inconfort provenant de ce manque fatidique dans l’amour lesbien, amour insatisfait par excellence. Dans ses beaux et terribles poèmes « maudits », Baudelaire n’échappe pas à tous les poncifs du genre. Les contempteurs de ces amours omettent l’essentiel, à savoir que tout amour-passion porte en lui la sensation d’inassouvissement.

Ni hormonal ni schizophrène, l’amour lesbien est un moment entier et complet dans la vie d’une femme. Il dure parfois toute une vie et procède souvent d’un désir, d’une nostalgie d’une autre soi-même qui serait à la fois la sœur, la mère, l’amante et aussi, pourquoi pas, le mari.


Cet amour recèle une part de narcissisme, que l’on trouve dans toute forme d’amour, avec la secrète mouvance d’aller vers soi à travers l’autre. Ici, l’autre apporte en don les sensations merveilleuses de la première, inscrites dans la mémoire cellulaire de chacune d’une façon indélébile. Les seins, le ventre doux et chaud, le nid maternel protecteur, consolateur et accueillant, attirent autant la fille que le garçon. Ce dernier, dès sa puberté, n’a pas de cesse que de retrouver ces sensations avec les femmes. Les adolescentes, dans cette quête identique, ne trouvent pas ce qu’elles cherchent dans les premières étreintes maladroites de leurs partenaires.

 

Confrontées à une sexualité qui leur est étrangère, une grande partie des femmes préfèrent ne pas vivre leur propre sexualité mais subir leur partenaire, plutôt que de revendiquer une part plus entière dans la découverte de la jouissance. Toutes les enquêtes révèlent l’insatisfaction profonde des femmes sur le plan sensuel-sexuel. Ce refoulement sensibilise d’autant plus leur vie sentimentale comme par un jeu de sublimation acquis, par ailleurs, en mimant le comportement de leurs mères.

 

Tenter de dire l’amour lesbien est une entreprise difficile. Son approche demeure pourtant possible. Les sensations foudroyantes décrites par de nombreuses femmes lors de la rencontre amoureuse avec une autre femme, paraissent surgir des profondeurs de l’être féminin où dorment toutes les potentialités archaïques de l’être humain, auquel il n’a été donné de vivre  qu’une infime partie de ses possibilités amoureuses.

 

Aujourd’hui les femmes plus libérées approchent cet amour sans complexes. Parce qu’elles peuvent vivre indépendantes, avoir des enfants hors mariage, les femmes choisissent librement ses amours qui, d’ailleurs, au cours d’une vie, s’alternent parfois avec un égal bonheur avec des amours plus conventionnelles.

Pour nombre de femmes, l’amour lesbien demeure un choix, une possibilité dans la recherche du bonheur, auquel les générations actuelles s’appliquent avec un acharnement tel qu’il est devenu pour elles un but, un idéal de vie.

 

 

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Lesbianismes communauté : Culture Lesbienne
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Samedi 22 mars 2008

Pour fêter le printemps comme il se doit, nous allons consacrer quelques billets à l'amour lesbien.
Cet article est tiré d'un ancien numéro  du Magazine littéraire, datant de (cette bonne année) 1980 ! Il retrace l'amour lesbien à travers les âges. Cet excellent extrait du dossier consacré à l'homosexualité est écrit par Nella Nobili.


Chut.jpg


Le primate femelle qui, le premier, se lia de tendre affection avec la favorite du mâle dominant et se procura ainsi, avec baisers et caresses, une protection et une meilleure nourriture, fut certainement le premier chaînon qui, à travers la fragile Lucy, nous permet de remonter l'échelle incertaine conduisant aux hommes et aux femmes jusqu'au creuset où se fondit l'amour lesbien avant Lesbos.
Trop occupé à chasser les mâles au rut impérieux, ce mari trompé ne s'offusqua point de l'idylle de son épouse avec sa congénère. Obnubilé par sa puissance, il put croire qu'une deuxième femelle avait pris place dans sa couche pour se soumettre à son irrésistible emprise. Et il toléra cette intruse sans chercher plus loin, du moment qu'elle avait l'odeur femelle.
Ce schéma dut se répéter pour nombre d'humanoïdes, avec un égal bonheur et avec le meilleur profit pour tout le monde.
Jusqu'au jour où la culture culturelle s'en mêla.
Les premières manifestations d'intolérance à l'égard de l'amour lesbien apparurent lorsque certaines religions inculquèrent aux femmes le sentiment du péché. A partir de ce moment, elles durent se cacher pour toutes sortes de transgressions qui allaient - avec une belle unanimité - dans le sens de l'assouvissement de leurs désirs.
Ces transgressions charriaient l'inévitable cortège de mensonges, culpabilités, deuils. Et cet amour-là fut maudit avant d'être réprimé et puni par le pouvoir en place, et plus tard par la psychiatrie des sociétés.

Les traces historiques et littéraires que l'amour lesbien a laissées avant le XIXème siècle sont minimes. Une exception, l'oeuvre de Sappho. Elle brille comme un soleil noir à travers les siècles mais nous n'en possédons que des fragments. 
En effet, se sécrits sont brûlés à deux reprises (au IIème siècle et vers 380). 
Une autre littérature - les minutes de procès pour perversité sexuelle - relate au fil du temps les répressions auxquelles l'amour lesbien a été soumis. 
Ainsi en 1535 une femme qui portait des habits d'homme est brûlée à Fontaines, une autre est pendue pour le même motif à Vitry-le-François. 
Au début du XIIIème siècle on trouve quelques traces de l'amour lesbien dans un copntexte plus propice. En plein amour courtois, une femme, Bieiris de Romans, s'adresse à une autre femme: 

" ... Je vous prie, s'il vous plaît, et au nom de l'honneur,
de ne point accorder vos faveurs à un rustre
Belle dame en qui joie et mérite s'exaltent,
et gentil parler aussi ... à vous je destine mes strophes;
car c'est en vous que sont bonheur et gaité
et tout le bien qu'on peut d'une femme espérer."

Les amours lesbiennes occuperaient un espace plus important dans la littérature si de nombreuses femmes écrivains, avant le XIXème siècle, n'avaient sans doute préféré déguiser leur héroïne avec un habit et un nom masculins, ou signer leurs écrit d'un nom d'homme, pour rester fidèles à une image immuable et figée de la féminité avec laquelle on n'a jamais transigé.

L'histoire parallèle et non écrite des amours féminines des reines et de leurs favorites, ces fidèles amies qui les suivaient jusque sur l'échafaud, pourrait constituer un genre à part dans une littérature lesbienne inexistante.
Pour ces femmes régnantes, les amitiés féminines étaient bien plus qu'un simple "repos du guerrier" entre deux accouchements royaux. Les épouses impériales trouvaient en elles de grandes consolatrices, parfois des conseillères.
L'amour lesbien a pu s'épanouir facilement durant les longues absences des hommes occupés par des guerres interminables. Comme il peut naître dans des lieux de réclusion tels les harems et les prisons. Mais cela n'est pas suffisant pour en déduire qu'il s'agit là d'un amour de remplacement, mieux admis et mieux toléré parce qu'il ne porte pas atteinte - en apparence - à l'honneur conjugal.
Il n'en est rien. Les interessées sont bien placées pour savoir quels ravages cet amour porte avec lui, comme tout amour qui opère une incursion dans le territoire du couple établi.

Cette expression amoureuse enfin était et reste, dans une certaine mesure, persécutée car elle contient en germe le facteur de subversion qui s'attache à toute manifestation parfaitement gratuite. La non-finalité génétique, l'expression,  du désir hors normes, l'amour pour l'amour, la recherche des plaisirs interdits, peuvent détourner le sens de l'évolution d'une société établie selon certaines normes, et par là même accélérer sa décadence, sa perte.

L'avènement de la psychiatrie a bien failli porter un coup fatal à l'existence de l'homosexualité féminine. Dès le début du XXème siècle, l'acharnement thérapeutique - prenant le relais des instances religieuses, avec un égal malheur pour les femmes - a voulu normaliser, guérir, banaliser des personnalités fourvoyées; celles de femmes porteuses de "troubles sexuels". Cette définition, souvent, a été moins anodine, désignant ces troubles comme des perversions, des névroses, de la folie. Les amours interdites, damnées auparavant, ont glissé naturellement dans la pathologie médicale psychiatrique.



fillemec.gifLa sorcellerie, d'abord, l'hystérie ensuite, en permanence l'amour lesbien est ainsi voué aux gémonies. Explication commode autant que tendancieuse et inexacte. Avec la dérision en prime.
En 1889, dans le Guide des plaisirs, une brasserie lesbienne de Montmartre est signalée comme curiosité pathologique ...

Début 1900, les moeurs, la mode, le féminisme naissant, ont poussé nombre de lesbiennes à assumer des rôles et des attitudes stéréotypés. La "garçonne", produit d'une vogue vestimentaire, est célébrée par une littérature masculine essentiellement voyeuriste qui projetait ses fantasmes dans l'espace des libertés de pacotille de la Belle Epoque.

[ à suivre ! ]




par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Lesbianismes communauté : Culture Lesbienne
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Vendredi 21 mars 2008

J'ai mis en exergue quelques passages, les chiffres du premier paragraphe sont extrêmement déroutants, et je pense qu'ils sont encore bien en-deça de la réalité, toutes les femmes violentées n'osent pas se faire connaître ... cet article a le mérite de mettre en lumière le quotidien de la femme dans les pays arabes, à l'instar des pays occidentaux ... deux faits m'ont bousculée, le premier est que ce sont des associations féminines qui tentent de combattre ce fléau (mais que font les hommes de bonne volonté ?) et l'autre fait, qui pourrait paraître mineur pour certains, m'interroge à plus d'un titre: des femmes sont battues par leurs propres enfants.  Ce qui sous-entend que les femmes (conjointement avec leur époux) dans leur ensemble doivent revoir la façon dont elles éduquent leurs fils !



La violence à l’égard des femmes: Viols et enlèvements en nette hausse.


En dépit du fait qu’elles sont devenues un problème de santé publique, la violence à l’égard des femmes continue à prendre de l’ampleur. Une enquête réalisée par la Gendarmerie nationale et rendue publique hier, a confirmé encore une fois la tendance à la hausse de ce phénomène inquiétant.

Si les agressions physiques ont connu une légère baisse, les violences sexuelles, notamment les viols et les enlèvements ont progressé dangereusement et d’une manière inquiétante. Les auteurs de l’enquête ont d’ailleurs séparé les deux types d’agression à travers des tableaux révélateurs. Ainsi, les services de la Gendarmerie nationale ont recensé 1747 cas de femmes violentées en 2001, 1753 en 2002, 2330 en 2003 et 1955 victimes en 2004. Durant ces 4 années, 1928 femmes ont été victimes de coups et blessures volontaires avec arme blanche, 257 ont fait l’objet de tentatives d’assassinat, dont 155 sont mortes, 180 ont été enlevées et violées et 947 victimes d’attentat à la pudeur.
 

 

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2007, une année violente

Les adolescentes représentent 580 cas des violences sexuelles constatées par les services de la gendarmerie, lesquels ont relevé une hausse considérable des violences à l’égard des ascendants. En effet, durant cette période, 817 mamans ont été violentées par leurs enfants, alors que 180 femmes ont déposé plainte contre leur mari pour violence. En 2005, les chiffres indiquent une légère hausse avec 1194 femmes victimes d’agressions. Les violences physiques viennent en première position avec 666 cas, suivies des viols avec 244 cas et des attentats à la pudeur avec 150 cas. Durant cette même période, 33 femmes ont été assassinées et 66 enlevées. L’année 2006 a elle aussi eu son lot de violence avec 896 victimes. Les coups et blessures volontaires viennent en tête avec 435 cas, suivis des viols avec 225 cas. Durant cette même période, 16 femmes ont été tuées et 65 ont fait l’objet d’enlèvement. En 2007, les chiffres relatifs aux violences sexuelles ont connu une hausse sensible. Ainsi, 161 femmes ont subi des violences physiques, 17 ont été assassinées et 51 ont fait l’objet de rapt, alors que 448 ont subi des violences sexuelles. Parmi ces dernières, 278, dont 135 mineurs, ont été victimes de viol ou de tentative de viol, 109 (dont 38 adolescentes) ont fait l’objet d’attentat à la pudeur, 16 ont été enlevées et violées. Pour ce qui est des deux premiers mois de l’année 2008, les gendarmes ont enregistré 8928 affaires de violence contre les femmes. 172 d’entre elles concernent des plaintes pour coups et blessures volontaires (86 sur adolescentes), 50 pour attentat à la pudeur (dont 29 sur mineurs), 32 pour viols (12 sur mineurs), 12 pour meurtre et 17 pour enlèvement (dont 12 mineurs). Ces chiffres sont alarmants et augurent une augmentation importante des violences durant l’année en cours. La catégorie des femmes la plus sujette aux violences sexuelles est celle dont l’âge est compris entre 19 et 28 ans, suivie de celle des mineurs, puis de celle âgée entre 29 ans et 40 ans et en dernière position, la catégorie de plus de 40 ans.

En général, les violences sexuelles ont constitué, en 2007, un ensemble de 1069 affaires, pour lesquelles 1022 personnes ont été écrouées, parmi lesquelles 184 ont bénéficié de la liberté provisoire. Toutes les villes du pays sont concernées, mais la concentration est beaucoup plus remarquée dans les grandes villes. Alger et Sétif occupent la première position avec respectivement 58 et 57 affaires traitées, suivies d’Oran avec 50 affaires, Mostaganem 48 et Chlef 46 affaires. Les wilayas du Sud sont celles où l’on enregistre le moins de violence, ou peut-être de plaintes pour violence. Ainsi, à Tamanrasset par exemple, la gendarmerie a enregistré 5 affaires, à Naâma 3 et à Illizi une seule. L’enquête a mis l’accent sur les graves conséquences de ce phénomène sur la société en général et sur la victime en particulier.

Les violences, a-t-on révélé, engendrent non seulement des séquelles physiques, comme une hémorragie aiguë, des fractures, un handicap ou la mort, et des préjudices moraux, comme la perte de la valorisation de soi-même, la dépression nerveuse, des psychoses, des cauchemars, des angoisses perpétuelles, des maladies nerveuses, la peur des relations sexuelles, le recours à la prostitution par vengeance, aux drogues et à l’alcool, ou enfin au suicide. Autant de conséquences graves qui mettent en péril la stabilité de la cellule familiale et par extension la société.

L’auteur de l’enquête, le lieutenant Ouahiba Boumedienne, a expliqué que ces violences « doivent être considérées comme dirigées contre toute la société et devraient inciter tous les spécialistes à coordonner leurs efforts pour s’arrêter devant cette image de sous-être, projetée sur les femmes. Lorsque la femme sera vue sur un pied d’égalité avec l’homme dans de nombreux pays du monde (...) alors la question des violences à son égard basculera d’une simple affaire de solidarité à celle qui concerne toute une société et qui nécessite une lutte du fait des dommages qu’elle lui cause ». Il est également fait état de l’importance de la prise de conscience des femmes qui doivent être informées de leurs droits, notamment lorsqu’elles subissent une quelconque violence, quelle que soit sa nature. « La politique du silence qui nourrit et encourage les violences doit cesser et les femmes doivent savoir qu’elles ont le droit d’ester en justice leurs agresseurs et exiger une réparation des préjudices moraux et physiques subis (...) Que les Etats mettent en place des stratégies de lutte contre ces violences à travers des dispositifs juridiques et administratifs ainsi que des campagnes de sensibilisation et de vulgarisation de ces instruments de protection (...)

Les viols et les violences sexuelles, la torture, l’esclavage sexuel, le proxénétisme et la stérilisation involontaire doivent être considérés comme étant les crimes les plus abjectes, et lorsqu’ils sont commis avec récidive, ils deviennent des crimes contre l’humanité. » Des recommandations basées sur la situation en Algérie, mais également dans le monde et notamment dans les pays arabes, où même si les chiffres sont rares, les violences contre les femmes constituent un vrai problème. Ainsi, au Qatar, 41% des femmes se plaignent des violences domestiques, alors qu’une autre enquête a montré que 81% des Jordaniens acceptent que le mari batte sa femme pour la corriger, et 70% des auteurs de violences en Syrie sont des membres de la famille de la victime, surtout l’époux. En Egypte, il n’existe aucune statistique du fait que les violences familiales ne sortent pas du cadre de la famille.


Les pays voisins n’y échappent pas

Dans la région du Maghreb (Algérie, Tunisie et Maroc), le problème de ces violences a commencé à être pris en charge dès le début des années 1990 et c’est en 1995 que le premier centre d’écoute psychologique destiné aux femmes victimes de violences a été créé grâce aux efforts conjugués de nombreuses associations féminines. En dépit du fait que beaucoup de victimes ont du mal à extérioriser leur mal, en 2004, ce centre a reçu 1141 appels téléphoniques et pris en charge 808 femmes. Il a reçu également 2489 femmes, prodigué 3574 conseils juridiques et tenu 2489 séances d’écoute. Durant les trois dernières années, le nombre de violences à l’égard des femmes a atteint 28 000 dans les trois pays.

Un nombre effarant, lorsque l’on sait qu’une grande partie des femmes battues ne sont pas recensées. En Algérie, la première enquête nationale sur le phénomène des violences, publiée en 2007, a montré que 50% des agressions sont familiales, alors qu’un quart des violences est commis par les enfants contre leur maman. L’enquête de la gendarmerie a indiqué également que sur 1809 victimes recensées par l’association Femme, les auteurs sont en premier lieu le mari, suivis des frères, alors que 1309 victimes ont été agressées par des étrangers. Dans le volet consacré aux lois, l’enquête indique que les législateurs ont mis en place un dispositif répressif contre ces violences, qu’elles soient physiques, sexuelles ou morales.


Par: Salima Tlemçani

20 mars 2008

 

[ Source: http://wluml.org/french/newsfulltxt.shtml?cmd[157]=x-157-561044 ]

(El Watan, 20/03/2008)



par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Féminismes communauté : Culture Lesbienne
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Jeudi 20 mars 2008

Fadéla, tu es incroyable, et toujours là où on ne t'attendait pas ... je ne sais pas qui est allé te chercher sur ce terrain mais ton discours a le mérite d'être clair. Mais bon sang, qu'es-tu allée faire dans cette galère ump ??? Tu espérais réellement travailler avec ces ploucs en Chanel ?

Ceci étant dit, la gauche n'avait rien à proposer ...

 

Fad-la.jpg

L'interview en question:

Banlieues: Fadela Amara souhaite qu'un «mouvement gay émerge dans les quartiers»

Dans une interview exclusive à Têtu n°132, qui paraît demain en kiosques, Fadela Amara, secrétaire d'État chargée de la Politique de la ville, s'exprime pour la première fois longuement au sujet des homos dans les banlieues françaises.

«Dans les cités, dit-elle, quand ils sont connus comme tels, les homos subissent tout et n'importe quoi, y compris des expéditions punitives.» La fondatrice de Ni Putes Ni Soumises, qui dit avoir reçu «beaucoup de témoignages» notamment à l'issue de réunions publiques, estime que dans les banlieues, «on n'a pas encore évolué sur ces questions-là, malheureusement. (…) Pour certaines familles, pute ou homo, c'est la même chose, c'est inacceptable. On est donc bien dans les mêmes combats. Il s'agit de se réapproprier son corps.» «Les plus fragiles, les plus dans la détresse, ce sont les filles, poursuit-elle. Elles ne s'affirment pas homos du tout.» Fadela Amara évoque même des anecdotes très personnelles.

La ministre nous déclare que «les homosexuels qui vivent dans les quartiers doivent être davantage défendus par les mouvements gays» et va même plus loin: «Il faut qu'un mouvement gay émerge dans les quartiers.» Elle se déclare «favorable à l'adoption pour les couples homosexuels, [et] pour le mariage homosexuel aussi», même si «c'est un peu l'embourgeoisement du mouvement gay, c'est clair. Mais je ne veux pas m'opposer à ça, sous peine d'être traitée d'homophobe.» Elle se prononce contre la prostitution de jeunes Beurs et jeunes Blacks dans les beaux quartiers, une forme «d'exploitation de l'homme par l'homme».

Fadela Amara s'exprime encore au sujet de sa collaboration avec Christine Boutin, sa ministre de tutelle («Parfois, c'est un peu folklo»), son rôle de ministre d'ouverture de Nicolas Sarkozy («Le fait qu'il ait nommé Rama [Yade], Rachida [Dati], voire pire, Fadela, c'est révolutionnaire»), sur son plan «Espoir banlieues», dévoilé en février, qui ne fait pas mention de l'homophobie mais dont elle estime que la dynamique va entraîner un changement de comportement dans les banlieues…

Lire notre dossier «Un plan banlieues pour les gays?» avec également des témoignages de gays et de lesbiennes qui vivent en cités et évoquent un quotidien entre drame et banalité. Têtu n°132, en kiosques demain, mercredi 19 mars.

Photo: David Balicky pour «Têtu»

 

Copyright tetu.com

par Paul Parant

 

Info du 18 mars 2008

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Portraits communauté : Culture Lesbienne
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Jeudi 13 mars 2008
Festival-copie-2.jpgQUAND ?  
..... du 14 mars au 23 mars .....

Où ?  
….. à la Maison des Arts de Créteil …..

QUOI ? 
Le 30e Festival de Films de Femmes de Créteil c'est...   
150 films du monde entier
1 invitée d’honneur
30 leçons de cinéma
30 déclarations vidéo du public
50 films inédits de jeunes réalisatrices en compétition
10 grandes actrices invitées
Section rétrospective : 30ans/30 films
Vidéo femmes de Québec
programme vidéos 1 minute
30 leçons de cinéma avec les plus importantes réalisatrices internationales (Mira Nair, Helma Sanders-Brahms, Agnès Varda, Catherine Breillat, Léa Pool, Xiaolu Guo etc…)
1ère mondiale du réseau international des festivals de films de femmes

Soirée Queer
Fête d'anniversaire 30 ans avec le Festival Cinéma du Réel

Concert de clôture
 
 
INTERESSEES ? 
  ….. cliquez …..
 
 
 
 
par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Litté, ciné et actu showbiz communauté : Culture Lesbienne
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Vendredi 7 mars 2008
Si vous aussi vous êtes fatiguéEs par le paternalisme qui parle à notre place, ou par la violence qui cherche à nous faire taire,
 
Rejoignez notre marche féministe
le Samedi 8 mars à 13h, de la Place de la République jusqu’au rassemblement à 15h Fontaine des Innocents
 
- Parce qu’il existe pour la majorité des gens toujours deux classes distinctes, les femmes et les hommes, et qu’il vaut mieux appartenir à la seconde qu’à la première. Parce que nous revendiquons d’avoir le choix : de notre sexe, de notre genre, de notre sexualité
 
- Parce que nous désirons que les femmes, et touTEs leurs alliéEs, puissent s’approprier leur corps et ses représentations, sans devoir se conformer aux injonctions de normes oppressantes, réductrices et stéréotypées, véhiculées dans tous les domaines
 
- Parce qu’il existe mille façons de faire rentrer dans le « droit chemin » les insurgéEs contre leur sexe, leur genre, leur destin obligatoire : de l’assignation forcée des intersexes par mutilations génitales, au viol de représailles contre les lesbiennes ; de la psychiatrisation des trans’, aux violences masculines les plus régulières - en France, tous les trois jours, une femme est assassinée par l’homme avec qui elle vit
 
- Parce que notre santé passe en dernier, parce que le droit des femmes à disposer de leur corps est sans cesse remis en question, le savoir gynécologique accaparé par les médecins, la contraception pas toujours remboursée, le droit à l’IVG menacé sous l’influence de l’Eglise catholique
 
- Parce que nous sommes largement touchées par le VIH, discriminées dans les essais par les labos qui ne prennent pas en compte notre métabolisme spécifique, parce que nous n’avons pas le même accès à des traitements de qualité, parce que nous sommes négligées dans les campagnes de prévention publiques, parce que, précarisées, nous sommes particulièrement touchées par les attaques sur la Sécurité Sociale, et notamment par l’instauration des franchises.
 
- Parce que les femmes sans-papiers souffrent doublement de la politique raciste du gouvernement français, des remises en cause du droit au regroupement familial et des menaces sur l’Aide Médicale d’Etat (AME) 
 
- Parce que les femmes racialisées luttent dans tous les domaines contre cette double oppression raciste et sexiste. Parce que la logique du racisme s’attaque directement au droit des femmes à disposer librement de leur corps. Parce qu’elle opère par exclusion, comme la loi sur le port de signes religieux à l’école qui prétend « protéger » - en particulier les filles musulmanes – et en fait contribue à les stigmatiser, à les enfermer dans le statut de « victimes » et à les marginaliser.
 
- Parce que nous subissons de front la loi sur la sécurité intérieure (LSI). Parce qu’on nous dit qu’on ne peut pas faire ce qu’on veut de nos corps et de nos vies. Parce que les prostituéEs sont criminaliséEs, harceléEs, violentéEs. Parce que ce sont d’abord elles et eux qui sont précariséEs et misEs en danger par la pénalisation des clients. Parce que c’est la loi sur le racolage et la clandestinisation supplémentaire des étrangères qui sont dangereuses, pas le travail du sexe quand il est choisi, et s’il est auto-géré et protégé par le droit commun
 
- Parce que nous sommes précaires, que les femmes sont toujours moins payées que les hommes à travail égal et à qualifications égales, et qu’elles effectuent l’immense majorité du travail gratuit appelé « travail domestique ». Parce que malgré les lois et les effets d’annonce, le domaine public et politique reste toujours largement fermé aux femmes
 
Pour un  féminisme qui refuse de voir son discours récupéré à des fins racistes, qui sache se démultiplier, concevoir l’émancipation sous toutes ses formes, et se revendique aussi des féminismes non-blanc, pro-sexe, trans’ et lesbien
 
Venez exiger vos droits ! Venez marcher avec nous !
 
Premiers signataires (liste provisoire) : Act Up-Paris, Collectif Les mots sont importants, Femmes de droits - Droits des femmes, Femmes Publiques, les Panthères Roses, les Putes, le Scalp, Support Transgenre Strasbourg
 
Si vous désirez signer cet appel : manif8mars2008@yahoo.fr


[Un grand merci à Sylvie !]
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par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Actu diverse
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Mardi 4 mars 2008
Algérie, my love, pays de contrastes et qui sait plus qu’aucun autre déchaîner tant de passions, de la haine à l'amour, du respect et de l'indignation … pays qui a produit des Mohamed Dib, des Kateb Yacine, des Rachid Boujedra et Boualem Sansal … mais aussi des Assia Djebar et des Malika Mokeddem … pour n’en citer qu’une poignée … des écrivains épris de liberté et de justice, des écrivains qui côtoient, dans le cœur de tous, des artistes non moins glorieux, même si plus populeux … à peine fréquentables à leurs débuts et qui ont perdu, en chemin, le côté cheb ou chebba … nous, on les aimait déjà quand on les appelait Cheb Khaled, Chebba Wahrania ou encore Cheikha Rimitti. 

Rimitti.jpg
C’est bientôt la journée de la Femme. A-t-on vraiment besoin d’une journée pour célébrer le Deuxième Sexe, l’Autre, celle qu’on méprise dans presque tous les pays et dont on ignore le droit le plus fondamental, celui d’exister en tant qu’être humain ?
Après discussion, nous sommes tombées d’accord sur le nom de celle qui, le mieux, mériterait de figurer en haut de l’affiche, celle que nous n’appellerons jamais Mamie, titre censé la réhabiliter, elle, la rebelle, Saïda (son vrai prénom), la chanteuse de Raï qu’on a pillée sans vergogne, la Libre, l'Impudique .. estampillée chanteuse des rues, de petite vie, (trop) longtemps décriée et censurée, combative jusqu’au bout (souvenez-vous quand les ptit(e)s chanteurs/ses lui volent son répertoire et qu’elle monte à Paris dans les années 70-80, regagner sa place, elle qui n’a jamais quitté les cœurs de ceux qu’on appelle les populos),la sulfureuse troubadour n’en faisait qu’à sa tête, selon son « raï ».
                       
Et qui aime le Raï ne peut ignorer l'existence et l'apport de cette artiste (qui composait et retenait tout par coeur, étant illettrée) et l'origine de son nom, qui signifie « Remettez-moi ça ». Elle nous a quittés presque sur scène, puisqu’elle tournait encore à plus de 80 ans et c’était deux jours après un concert au Zénith, il y a deux ans. Paix à son âme.
 Elle chantait Oran, la femme, l’alcool et l’amour charnel sans fioritures, ni ornements …les cheveux déliés sur ses reins, gage de sa féminité, ont écrit certains.
Gage de sa liberté, pour ma part … elle était plus que jamais féministe et moderne !

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Je me souviens de cette chanson tabou encore aujourd’hui (vous me direz peut-être même encore PLUS aujourd’hui, avec le retour en force d’une forme extrême de religiosité) : « Charrak Gata », qui date quand même de 1954 ! Et qui signifie, mot à mot, "écarte et déchire".
 
"Il me broie, me bleuit/
Il m'attise/
Il m'abreuve, je dis je pars et je passe la nuit/
Malheur à moi qui ai pris de mauvaises habitudes"

Un plaidoyer contre le tabou de la virginité … si quelqu’un a les paroles, nous prenons.
Allez, envoyez la zik !
 









Pour en savoir plus sur Cheikha Rimitti: 
http://www.hibamusic.com/Algerie/cheikha-rimitti/cheikha-rimitti-91.htm [à lire absolument]
http://www.el-annabi.com/annaba/cheikha_rimitti_rai_algerie.htm
 

 

Leïla

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Litté, ciné et actu showbiz
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