Leïla
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AZRIYAS
blog des lesbiennes maghrébines et des femmes libres
Que vous soyez straight, lesbienne ou indéfinie ET libre, cet espace est pour vous. Il est ouvert à toutes les plumes, si vous avez
un article ou besoin de vous exprimer ponctuellement (ou régulièrement) sur ce blog, vous êtes les bienvenues.

[photo film "Rachida" de Yamina Chouikh]
Leïla
"Être ou ne pas être, c'est le combat quotidien des lesbiennes arabes, maghrébines là où elles vivent, en exil ou au pays natal pour faire entendre leur voix ! Cette voix que les sociétés arabes veulent étouffer.
Mais dans les ténèbres de l'hiver a jailli notre collectif, les N'DéeSses, un collectif de lesbiennes arabes sur l’initiative de lesbiennes Algériennes vivant en Algérie et en France. Les N'DéeSses par notre volonté et notre détermination voulons faire entendre ces voix par le biais de notre site.
SEHAKIA est le terme arabe pour LESBIENNE. Choisir ce nom répond à notre objectif de donner voix aux lesbiennes arabes et maghrébines, via ce site, sehakia.org, que nous voulons un espace de réflexion, d'information et d'échange. Il est le pont vers toutes les lesbiennes arabes là où elles se trouvent dans le monde car nos préoccupations et nos rêves sont proches, notre culture et notre histoire sont communes, car il est temps pour les lesbiennes arabes, maghrébines de se révolter et dire haut et fort : «J'EXISTE MALGRÉ EUX ! ». L'un de nos objectifs majeurs est de faire connaître l'existence des lesbiennes arabes, maghrébines et d'EXISTER comme lesbiennes arabes partout, en terres natales comme en terres d'exil. Nos combats visent à lutter contre le sexisme, l'hétéropatriarcat, la lesbophobie, l'homophobie des sociétés arabes. Nous aspirons clairement à des changements, des transformations en terres natales. Par ce site, nous escomptons offrir à toutes, et surtout à celles qui vivent en terres natales un espace pour créer des liens entre lesbiennes arabes en terres natales et en terres d'exil, pour rompre l'isolement et inviter aux échanges susceptibles de soutenir des actions. C'est pourquoi ce site sera autant que faire se peut trilingue, arabe, français, anglais, mais c'est l'arabe que nous entendons privilégier ( dès que nous aurons résolu les problèmes techniques liés à l'édition de pages Web en arabe ). Parce que nous sommes Algériennes et attachées aux réalités spécifiques nord-africaines, nous entendons également mettre en ligne des productions en langue berbère.
Nous avons conçu ce site comme un outil de diffusion des productions intellectuelles, culturelles des lesbiennes et femmes arabes, maghrébines comme un outil d'information qui couvre un large éventail, avec un accent mis sur la dimension juridique et pratique pour servir d'interface pour les lesbiennes et femmes en situation critique. C'est la modalité du fonctionnement en réseau que nous privilégions, par des liens étroits avec des groupes de femmes et lesbiennes féministes, des individualités, engagés dans ces luttes contre les différentes oppressions à l'intersection desquelles se trouvent les femmes et lesbiennes non occidentales. En terres d’exil, dans ce contexte post 11 septembre 2001 ( qui ne doit pas nous donner l'illusion d'un avant idyllique ), les pays occidentaux, dans le sillage des États-Unis ont mis en place sous couvert des luttes contre le terrorisme des politiques discriminatoires et scandaleuses à l'endroit des populations arabes et musulmanes ( assimilées comme telles, en s'appuyant sur les faciès, les ascendances plus que sur les seules nationalités ).
Comme lesbiennes arabes, nord-africaines en terres d'exil, nous appelons à lutter contre cette situation, dénoncer toutes les exactions commises impunément sur nos communautés, d'autant plus que cette situation rend encore plus critique celle des lesbiennes et gays arabes poussés à l'exil face aux dangers, de mort y compris, qu'ils encouraient à rester dans leurs pays. Pensons aux AlgérienNEs, aux EgyptienNEs pour les plus récents d'entre eux .
Ouvrir des Voies pour se faire les VoiX des lesbiennes arabes et maghrébines, telle est
l’une des PRIORITÉS des N’DéeSses. Dans cette perspective, nous avons participé à la coordination du numéro 7 du magazine en ligne, Bint El Nas édité par des lesbiennes arabes américaines, intitulé « Terres Natales, Terres d'Exil : A la Recherche de Nos territoires.
"Qu'est-ce que cela signifie pour chacune d'entre nous de nous définir comme lesbiennes Arabes ? Quelles stratégies avoir pour construire notre propre territoire où nous pourrons exprimer notre
identité et notre culture en tant que lesbiennes ET arabes où que nous soyons ? Telles étaient les questions auxquelles nous appelions à contribuer. Ce numéro présente l’intérêt d’être
complètement bilingue, français et anglais, avec quelques textes en arabe. Nous poursuivons sur notre propre site ce travail de recueil, de présentation et de traduction de productions
originales, inédites de lesbiennes et de femmes, arabes et maghrébines en terres natales comme en terres d’exil."
[Ceci est un article publié sur le site de Maison des
Femmes.]
Leïla
J’aimerais vous dire que l’année démarre sous de bons augures, que moult changements prennent enfin corps et que la bêtise humaine est en passe d’être éradiquée grâce à la découverte (in extremis
et grâce aux dons inespérés des rois du pétrole, on peut toujours rêver) d’un vaccin qui sera désormais administré à tous les nouveau-nés (particulièrement à ceux du sexe masculin … bah ça
contrebalance les foutaises sexistes dont on fait l’objet depuis la nuit des temps) mais il n’en est rien … nous, les femmes n’avons pas fini d’en baver … désormais la frontière entre les pays
dits tiers-mondistes et les pays dits civilisés est bien ténue en ce début de nouvelle année.
Je ne vois, en effet, plus très bien la différence entre ce qui se passe dans le pays des droits de l’homme, ce pays qui doit sa renommée (surfaite depuis l’accès au trône du nimbus bling bling,
m’est avis ...) au Siècle des Lumières, à dame Simone de Beauvoir (qu’on a tenté de mettre à nu, l’outrancière peopolisation à la Paris Match lui aurait, certainement, permis de développer des
théories plus qu’intéressantes sur le pouvoir des talonnettes), Colette, George Sand et tant d’autres …ce même pays des droits de l’Homme bafoue celui des femmes, celui des homosexuelles, celui
d’une institutrice qui aurait voulu
adopter et qui a l’outrecuidance d’être du mauvais bord !
Quand on sait que les filles sont amenées à se positionner comme le sexe faible dès le plus jeune âge, amenées à s’attifer telles les Barbie/Carla ridicules des temps modernes et à bénéficier de
moins de temps parental que les garçons (non, non, je n’invente rien, des études le prouvent) … quand elles cesseront d’être raillées
pour leur taille et leur tenue vestimentaire, quand les garçons cesseront de faire claquer les bretelles du soutien-gorge des filles, quand les jeunes femmes ne seront plus raillées et salies
parce qu’elles traînent avec des amis de sexe masculin, on sera peut-être passé dans une nouvelle ère.
Pour l’heure, nous ne sommes qu’en 2008 !
Leïla
Difficile d'exhiber sa sexualité quand elle détonne, quand elle diffère de celle des autres ... difficile d'exhiber son amour quand on risque la mort ...
Une femme n'appartient ni à son père, ni à son mari, ni à son frère, ni à son fils ...
Quand on s'appelle Khadafi et qu'on se promène avec une ribambelle de femmes en armes, accrochées à ses basques ... peut-on encore les appeler "amazones" ?
Ne sait-il pas que les amazones n'appartiennent à nul homme ?
Quand on s'appelle Sarkozy et qu'on se prend pour UN sex-bomb médiatique ou qu'on s'entoure de femmes glamour, peut-on encore être pris au sérieux ?
Ne sait-il pas que l'amour véritable ne s'achète pas ... pas même au prix de quelques crépitements, savamment orchestrés au pays de Donald, Minnie, Blanche-Neige et son nain?
Difficile, dans certains pays, d’avoir le droit de vivre son amour au grand jour … dans certains pays de Mickey, être homo coûte bien plus qu’une bague ou un tour de manège … dans ces pays de
Mickey, l’amour prend vite la couleur du deuil.
Femmes, soyons solidaires ...
Femmes, le combat est tout juste amorcé dans certaines parties du monde ...
Leïla
Nous sommes des Françaises d'origine algérienne, et nous souhaitions, depuis un moment, ouvrir un espace d'échange pour les femmes libres du monde entier ...
nous espérions créer un espace d'échange où les femmes libres ou qui aimeraient l'être (serait-ce sur la toile), des femmes en questionnement sur leur sexualité, dans leur rapport aux autres
femmes pourraient discuter et réfléchir, en toutes quiétude et latitude, sur des thèmes aussi divers que le cinéma, la littérature, le féminisme, etc.
Nos maîtres-mots sont liberté, diversité, tolérance.
Ce sont toutes ces raisons qui nous ont incitées à créer ce forum.
Qu'est-ce être une femme dans
les sociétés d'aujourd'hui ?
Quelle place
occupons-nous et laquelle devrait nous revenir ?
Pour initier un début de réflexion, j'ai choisi un extrait du book de Kristeva (in "Seule, une femme" ), une écrivaine et
psychanalyste française d'origine bulgare. Elle souligne sa singularité, le goût et le prix de sa liberté !
"Oui, j'emploie le mot "seule" au sens de singulière, unique, sans égale. "Seule" est cette incommensurable particularité à laquelle fait appel Le Génie féminin que j'adresse à
l'unicité de chacun et de chacune, au dépassement de soi en ces temps de massification et de globalisation.Mais "seule" indique aussi la solitude qu'éprouve une femme, fût-elle la
mieux entourée, aidée ou intégrée, quand elle assume le risque de sa singularité, qui est tout simplement le risque de la liberté. Car l'Histoire n'a pas préparé les femmes à oser prendre ce
risque et, plus douloureux encore, lorsqu'elles le font, leurs partenaires familiaux et sociaux en sont heurtés. Comme la gloire selon Madame de Staël, la singularité au féminin est bien souvent,
aujourd'hui encore, "le deuil éclatant du bonheur".
Leïla