Mardi 4 mars 2008
Algérie, my love, pays de contrastes et qui sait plus qu’aucun autre déchaîner tant de passions, de la haine à l'amour, du respect et de l'indignation … pays qui a produit des Mohamed Dib, des Kateb Yacine, des Rachid Boujedra et Boualem Sansal … mais aussi des Assia Djebar et des Malika Mokeddem … pour n’en citer qu’une poignée … des écrivains épris de liberté et de justice, des écrivains qui côtoient, dans le cœur de tous, des artistes non moins glorieux, même si plus populeux … à peine fréquentables à leurs débuts et qui ont perdu, en chemin, le côté cheb ou chebba … nous, on les aimait déjà quand on les appelait Cheb Khaled, Chebba Wahrania ou encore Cheikha Rimitti. 

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C’est bientôt la journée de la Femme. A-t-on vraiment besoin d’une journée pour célébrer le Deuxième Sexe, l’Autre, celle qu’on méprise dans presque tous les pays et dont on ignore le droit le plus fondamental, celui d’exister en tant qu’être humain ?
Après discussion, nous sommes tombées d’accord sur le nom de celle qui, le mieux, mériterait de figurer en haut de l’affiche, celle que nous n’appellerons jamais Mamie, titre censé la réhabiliter, elle, la rebelle, Saïda (son vrai prénom), la chanteuse de Raï qu’on a pillée sans vergogne, la Libre, l'Impudique .. estampillée chanteuse des rues, de petite vie, (trop) longtemps décriée et censurée, combative jusqu’au bout (souvenez-vous quand les ptit(e)s chanteurs/ses lui volent son répertoire et qu’elle monte à Paris dans les années 70-80, regagner sa place, elle qui n’a jamais quitté les cœurs de ceux qu’on appelle les populos),la sulfureuse troubadour n’en faisait qu’à sa tête, selon son « raï ».
                       
Et qui aime le Raï ne peut ignorer l'existence et l'apport de cette artiste (qui composait et retenait tout par coeur, étant illettrée) et l'origine de son nom, qui signifie « Remettez-moi ça ». Elle nous a quittés presque sur scène, puisqu’elle tournait encore à plus de 80 ans et c’était deux jours après un concert au Zénith, il y a deux ans. Paix à son âme.
 Elle chantait Oran, la femme, l’alcool et l’amour charnel sans fioritures, ni ornements …les cheveux déliés sur ses reins, gage de sa féminité, ont écrit certains.
Gage de sa liberté, pour ma part … elle était plus que jamais féministe et moderne !

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Je me souviens de cette chanson tabou encore aujourd’hui (vous me direz peut-être même encore PLUS aujourd’hui, avec le retour en force d’une forme extrême de religiosité) : « Charrak Gata », qui date quand même de 1954 ! Et qui signifie, mot à mot, "écarte et déchire".
 
"Il me broie, me bleuit/
Il m'attise/
Il m'abreuve, je dis je pars et je passe la nuit/
Malheur à moi qui ai pris de mauvaises habitudes"

Un plaidoyer contre le tabou de la virginité … si quelqu’un a les paroles, nous prenons.
Allez, envoyez la zik !
 









Pour en savoir plus sur Cheikha Rimitti: 
http://www.hibamusic.com/Algerie/cheikha-rimitti/cheikha-rimitti-91.htm [à lire absolument]
http://www.el-annabi.com/annaba/cheikha_rimitti_rai_algerie.htm
 

 

Leïla

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Litté, ciné et actu showbiz
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Jeudi 21 février 2008
A ne surtout pas manquer ! 
Pour tous  les pourfendeurs de la norme, les  fighters des minorités sexuelles et de l'émancipation de la femme, les féru(e)s de débats sociaux, et aux  Parisien(ne)s ou tous ceux et toutes celles qui seraient en région parisienne à ces dates:

 Les mercredis 13 février et 12 mars 2008 à 20h

à la Maison Populaire de Montreuil et au Cinéma Le Méliès 
 
 
 
 
HOMMAGE AU CENTENAIRE  DE LA NAISSANCE DE SIMONE DE BEAUVOIR ET AU SOUFFLE DE MAI
« On ne naît pas femme, on le devient. »
Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, 1949
La Maison Populaire de Montreuil et le Cinéma Le Méliès invitent cette année le peuple qui manque qui proposera et présentera un panorama de films rares, documentaires, vidéos d'artistes, cinéma d’avant-garde, retraçant une brève histoire du cinéma des corps et des identités, depuis les années 70, des mouvements de libération des femmes et d’affirmation des minorités sexuelles jusqu’au cinéma queer contemporain. Ces 14 rencontres de cinéma, d’octobre 2007 à mai 2008, et dans le cadre des cycles annuels de cinéma (Les écrans sociaux au cinéma le Méliès un mercredi par mois) et de vidéos d’artistes (Sun in your head à la Maison populaire de Montreuil un vendredi par mois), aborderont tour à tour l’histoire des luttes féministes, la rencontre entre art et féminisme, les questions de genre, le mouvement homosexuel, l’Ecole du corps, les politiques transgenres, ou encore l’imbrication des rapports sociaux entre racisme et sexisme.
« En travaillant les normes sociales, sexuelles, raciales, et les représentations, les artistes s’évertuent à décoloniser nos imaginaires et à tenter d’inventer un langage cinématographique spécifique à ces positions minoritaires déclinant prises de conscience collectives, puissances de vie, stratégies politiques, fabriques de soi, déconstructions et mutations identitaires, hybridations et métissages. » AI&KQ
En echo à ces deux cycles de films se tiendra un séminaire qui reviendra sur l’actualité de ces questions et en présence de nombreux théoriciens et activistes (entre autre Marie-Hélène Bourcier, Antonella Corsani, Elsa Dorlin, Jules Falquet, Éric Fassin, Vincent Hesay, Nathalie Magnan, Valérie Marange, Reine Prat, Sabine Prokhoris, Javier Saez, Louis-Georges Tin, Giovanna Zapperi). 

 
[Quelques rendez-vous manqués, mais ce n'est pas une raison pour manquer les suivants ... allez, on s'y retrouve toutes !]


 
Prochaines dates: (programmation à venir)
Vendredi 11 avril 2008 20h30 à la Maison Populaire
Mercredi 16 avril 2008 à 20h au Méliès
Mercredi 14 mai 2008 à 20h au Méliès
Vendredi 16 mai 2008 20h30 à la Maison Populaire 
L'ensemble des projections à la Maison Populaire sont ENTRÉE LIBRE.
Les séances au Méliès sont au tarif habituel du cinéma.
 

Pour plus d'information, allez voir là.



Leïla

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Litté, ciné et actu showbiz
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Dimanche 10 février 2008
 
 
… vu par une universitaire algérienne, qui tente d’analyser la nouvelle donne pour les femmes en Algérie : elle fait un état des lieux des différents mouvements féministes et souligne la visibilité grandissante des femmes, qui investissent un nombre de plus en plus important de secteurs.
Elle évoque également le rôle politique que la femme algérienne a joué durant la guerre d’indépendance, ce qui a lui permis de prétendre à des droits politiques et sociaux très tôt. Contrairement à d'autres femmes arabes.

Et c’est à mon sens ce qui fait la particularité des femmes algériennes dans le monde maghrébin, les hommes (algériens) eux-mêmes reconnaissent qu’ils leur sont largement redevables. Et qu’elles ont été des partenaires égaux (en ville, dans le maquis, dans l’organisation de l’insurrection, etc). Mais dans les faits, depuis la proclamation de l’indépendance algérienne, elles ont regagné le bercail … même si depuis quelques années, elles battent le pavé (et quelle belle énergie!)… et puis,  il reste encore cette humiliation permanente que constitue le Code de la Famille. Que ses détracteurs nomment CODE DE L'INFAMIE.
 
Parmi les mouvements féministes cités par l’auteure de cet article, il y en a un qui a attiré mon regard : c’est le féminisme islamiste. Ce qu’en dit l’auteure est extrêmement intéressant.
Déjà, elle distingue différentes motivations chez les porteuses du hijab, et d’autre part, elle insiste bien sur ce qui fait le féminisme de ces femmes musulmanes : en fait, elles distinguent, dans le Coran, les figures féministes (ai-je envie de dire) de Khadija et Aïcha, la 1ère et la dernière femme du Prophète. Khadija était une commerçante veuve et Aïcha était, de toutes les épouses du Prophète la favorite (et qu’on ne vienne pas me dire qu’il les aimait toutes avec la même intensité et les traitait de la même façon). En fait, elles se concentrent sur les points positifs du Coran … et le reste ? Je n’arrive toujours pas à concevoir que l’on puisse être religieuse et féministe.
 
Je ne m’érige pas en connaisseuse parfaite de ce terrain, par conséquent, s’il venait à passer par ici, des lecteurs avisés et éclairés sur la question, qu’ils viennent nous faire part de leur opinion. Ce blog vise l’échange avant toute chose.
 
Je vous invite à lire l’article jusqu’au bout, il offre des pistes de réflexion pertinentes et des propositions intéressantes.
 
 

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Quelle Problématique pour le féminisme algérien ?
Par : Saliha Boudeffa
 
 
 
Dans cet exposé, je voudrais surtout amener quelques éléments de réflexion nécessaires à la mise en place de stratégies relatives au féminisme, à la citoyenneté ou de manière plus générales à la question féminine. Je me suis posé deux questions : y a t il un féminisme et quelle sont ces formes ? Quels sont les éléments dont il faudrait tenir compte et comment les féministes algériennes vont se positionner par rapport aux nouveaux enjeux et aux changements (les nouveaux désordres mondiaux) internationaux qui influent nécessairement sur la société algérienne.  
 
Je voudrais souligner que les formes de lutte du féminisme maghrébin ne sont pas et ne seront probablement jamais les mêmes que les formes du féminisme occidental, nous n’avons pas affaire au même contexte, ni aux mêmes sociétés et il faut garder l’ouverture d’esprit nécessaire pour comprendre certains phénomènes complexes (comme l’islamisme) qui peuvent paraître simples mais dont les effets sont contradictoires sur la société.   
 
On ne peut pas réfléchir hors contexte international et on doit tenir compte de la mondialisation qui a des effets sur toutes les sociétés de la planète avec l’introduction des privatisations, l’ouverture des marchés nationaux et la libéralisation sauvage. Ceci rend la situation des femmes de plus en plus précaire à cause de la remise en cause des acquis sociaux (1) (l’emploi n’est plus protégé comme au temps du socialisme)(2). L’exigence de bonne gouvernance amène les institutions internationales à s’immiscer de plus en plus dans les affaires des Etats nationaux et limitent leur souveraineté et leurs politiques sociales . On connaît les effets de l’ajustement structurel sur les femmes dans les pays d’Afrique au cours de la décennie 80, qui a renforcé la pauvreté et a eu des effets sur les dépenses d’éducation et de santé.   
 
On doit aussi réfléchir dans le contexte national où les luttes autour du pouvoir entre divers courants politiques dont le courant islamiste sont de plus en plus exacerbées. On garde à l’esprit ces éléments en abordant les problèmes liés à la question féminine.  

 
Quelques remarques sur les changements dans la société algérienne 

  
Les transformations dans la société algérienne  

Dans la société algérienne, il y a des transformations importantes qui doivent nous amener à repenser les catégories d’analyses et les approches vis-à-vis de la question féminine. C’est un travail qui reste à faire de la part des chercheurs et des groupes de femmes. Les changements auront des effets à moyen terme et à long terme. Ces changements sont de plusieurs ordres mais je ne noterai que quelques uns qui me paraissent pertinents.  
 
La visibilité dans l’espace public, les femmes sont nombreuses et on assiste à une féminisation de plusieurs secteurs d’activité et de plusieurs institutions : à titre d’exemple les étudiantes sont plus nombreuses à l’université et en 2006 : 56% des bacheliers étaient des bachelières,
- la féminisation du secteur de la santé (prés de 70% du secteur médical et para médical),
- la féminisation des médias qui est un secteur stratégique pour tous et qui peut amener des transformations dans l’image de la femme,
 - la féminisation du secteur commercial et du secteur de la distribution qui les rend à la fois plus visibles mais en même temps les fragilise, ces travailleuses peuvent être exploitées sans possibilité de s’organiser et être à la merci des petits patrons (harcèlement sexuel ou moral, précarité dans les revenus),
- la féminisation du secteur de la justice.
Au niveau de la législation des changements ont été apportés : amendements au code de la famille et une loi sur le harcèlement sexuel. Ces changements, inconnus il y a 20 ans, vont produire des effets à moyen terme et le mouvement des femmes devrait en tenir compte dans l’élaboration de ses stratégies, si l’on veut élaborer des stratégies efficaces de mobilisation des élites et des masses féminines.


Les mouvements de femmes

Pour faire rapidement, je voudrais distinguer trois types de féminisme : le féminisme officiel, c’est par exemple les programmes du Ministère délégué à la condition féminine, le féminisme des organisations (ONG d’essence laïque mais qui ne le revendiquent pas ouvertement) et le féminisme islamiste.
Les femmes algériennes en tant qu’acteur politique ont émergé réellement pendant la guerre de libération nationale (3) et ont été extrêmement médiatisées par la presse internationale de l’époque. Ce passé « héroïque » des femmes a contribué à forger une idée de l’émancipation des femmes par l’acquisition des droits politiques et sociaux.

Les termes du discours politique dominant sont tour à tour « libération », « émancipation », « promotion » ou « évolution » connotant, selon les acteurs, l’idée même qu’ils se font du « retard » féminin. Les femmes elles-mêmes désormais mesuraient leur condition par référence à un modèle « moderniste ». Progressivement les mouvements de femmes se diversifient pour donner lieu à deux tendances distinctes (l’une d’inspiration laïque, l’autre d’inspiration islamique) (4).

Globalement et qu’elles le signifient ou pas, les femmes porte-parole de ces mouvements font partie des élites féminines privilégiées parlant au nom des « masses féminines ». En dehors des étiquettes, souvent politiciennes que l’on colle, on peut dire (parce qu’il n’y a pas moyen de le dire autrement) qu’il y a un féminisme laïc et un féminisme islamiste (5) surtout si elles se revendiquent elles-mêmes ainsi, en tant qu’acteur (6).

Quant au féminisme « officiel », lié au parti unique, il a cessé de monopoliser dans le contexte actuel la question féminine, débordé sur ses deux côtés. Ce sont les travailleuses qui constituent la base sociale du mouvement féminin laïc ou islamiste.


Le féminisme officiel ou féminisme d’Etat : c’est le ministère délégué de la condition féminine dont les pouvoirs sont extrêmement limités. Jusqu’aux années 1990, le féminisme officiel se manifestait dans l’organisation nationale des femmes algériennes (UNFA) devenue actuellement une organisation indépendante de l’Etat mais restée proche du FLN dont elle était une organisation satellite (organisation de masse), Cette organisation s’est reconvertie dans le « soutien au président » et a participé activement à la campagne électorale présidentielle de 2004.

Le féminisme « laïque »  : je garde ce mot entre guillemets mais il fait référence aux groupes et collectifs qui ont créé des associations dites indépendantes. Le féminisme « laïc » (qu’il ait été officiel, à l’époque du parti unique ou autonome aujourd’hui) revendique une citoyenneté fondée sur le travail salarié et l’égalité juridique dans la famille (7). Les revendications des « féministes laïques » portent sur l’abrogation du code de la famille, le droit inconditionnel à l’emploi, la majorité civile au même âge que l’homme. Mais dans le contexte algérien, c’est fondamentalement le problème même de la laïcisation de la société qui est posé (le lien entre « laïcité », égalité des sexes et modernité est constant)(8).
L’activité de ces organisations consiste souvent en l’organisation de séminaires, rédaction de pétitions, centres d’écoutes téléphoniques et juridiques et autres activités de formation (genre, code de la famille). Ses références et ses actions procèdent des traditions et méthodes occidentales.

Le féminisme « islamiste »  : (Malgré le fait que certains refusent ce qualificatif à ce mouvement) est peu visible mais travaille la société en profondeur par des actions de proximité : à titre d’exemple beaucoup de jeunes étudiantes sont dans les instances de l’UGEL (Union des étudiants libres, proches du parti MSP - Hamas). Si ses élites sont instruites, il est plus implanté dans les milieux populaires et se distingue par le choix vestimentaire du port du voile islamique dont les motivations sont diverses (9). Il manifeste malgré tout une adhésion à la religion quoique beaucoup disent souvent que c’est un cache misère. Fondamentalement, c’est la démonstration de leur soumission à Dieu (il ne faut pas oublier que le terme Islam veut dire soumission) en priorité puisque le hidjab est porté parfois sans l’accord des parents et même dans une lutte conflictuelle avec eux. Leur interprétation de l’Islam insiste sur l’aspect positif du Coran et sur les figures symboliques les plus importantes de l’Islam : Khadjija et Aïcha(10), les femmes du prophète. Il ne faut pas oublier que la société traditionnelle excluait les femmes du religieux officiel, leurs pratiques étaient considérées comme des pratiques sataniques (sorcellerie, rites...). 
Les femmes islamistes luttent aussi contre ces pratiques considérées comme un faux islam. Mais entre leur discours et leurs pratiques concrètes (qu’il faudra bien analyser un jour) on peut émettre l’hypothèse que les choses ne sont pas aussi simples (11). Mais ces femmes retrouvent à partir de la mosquée une sorte de sociabilité et recréent un monde de femmes qui a été éclaté par la modernisation brutale, mais tentent aussi un processus d’affirmation de soi individuelle (12) contre la famille grâce à la religion. Ce qui va relativement à l’encontre de l’idée qu’elles veulent se réserver au foyer, à l’espace privé bien qu’elles revendiquent une identité de mère et une citoyenneté « religieuse ».
Mais tous les féminismes se projettent comme avant-garde sociale. Leurs pratiques militantes visant à mobiliser la société féminine autour des enjeux sociaux.



Les thématiques développées : 

Trois thèmes sont dominants aujourd’hui dans les approches des organisations:
1. La focalisation sur le genre : formation de cadres associatifs, encouragée et financée par les bailleurs de fonds, ONGS ou institutions Onusiennes qui touchent les femmes des institutions gouvernementales, les ONG laïques mais dont les femmes islamistes sont plus ou moins exclues. On a ainsi un potentiel de cadres associatifs formés dans la thématique du genre qui pourraient s’organiser pour élever le niveau des interventions de la société civile.

2. La participation politique des femmes dans les instances législatives et exécutives, les partis politiques : à titre d’exemple un mémorandum à été élaboré grâce à l’UNIFEM et en collaboration avec les femmes parlementaires et les femmes issues d’autres partis politiques pour discuter des quotas et soulever le problème de la parité dans les institutions politiques et législatives.

3. la violence envers les femmes : des études issues du centre national de santé publique, des associations ont mis en place des centres d’écoutes psychologiques avec la collaboration des fondations : par exemple le centre d’écoute de SOS femmes en détresse qui est parmi les premiers, la mise en place de réseau comme le réseau wassila (orientation, hébergement et prise en charge des personnes).
Il faut faire remarquer que deux thèmes sont exclus : l’avortement et la sexualité hors mariage ou la sexualité juvénile.

Sont identifiées ainsi plusieurs actions ponctuelles de la part de ces organisations mais on ne peut parler d’un mouvement ou d’une lame de fond susceptibles de transformer radicalement les choses. La capacité de négociation de ces groupes se révèle extrêmement limitée et diverses actions sont menés en rang dispersé et ne contribuent pas à construire un mouvement féministe et à augmenter ses capacités de lutte et d’intervention.

Certaines organisations ont toujours le projet d’arriver à une plate forme minimum entre toutes les organisations mais le terrain reste difficile, la quasi exclusion des femmes islamistes du débat ne contribue pas à préparer une relève chez les jeunes générations.

Il faut relever que la moyenne d’âge des cadres du mouvement et des groupes de femmes tourne autour de 40 et 50 ans, élites héritières du système colonial dont elles ont reçu l’éducation. Les jeunes générations qui représentent l’immense majorité dans un pays démographiquement jeune ne sont pas mobilisées, ce sont les étudiantes d’aujourd’hui qui fabriquent la synthèse entre l’islam et la culture mondiale (symbolisé dans la mode) ces jeunes qui écoutent à la fois Amrou Khaled de la TV arabe satellitaire IKRRA et les chanteurs égyptiens ou occidentaux dont on devrait analyser les aspirations. Amrou Khaled a un succès immense auprès de cette jeunesse (tous ses Cd -Rom sont vendus en Algérie) car il évoque tous les problèmes sans tabou comme l’amour, le sida, la compréhension au sein du couple... Ces jeunes sont aussi influencées par les effets induits par l’intégration du pays dans le processus capitaliste où la mode a un poids énorme (il n’est pas étonnant de trouver à Alger des jeunes filles habillées dans cette nouvelle mode : foulard, pantalon et tee-shirt absolument à la mode). Tout cela pour souligner l’échec dans la transmission des expériences de lutte et de vie de la part des élites féminines aux jeunes générations.

Ces deux remarques donc : incapacité d’avoir une vision commune et échec de la transmission des luttes aux jeunes générations me poussent à dire qu’il y a encore plusieurs obstacles à dépasser pour arriver à un mouvement de femmes suffisamment puissant et capable d’influencer les pouvoirs publics.

1. Mettre des ponts entre générations puisque les organisations les plus visibles (organisations qui possèdent les ressources et les relations internationales) sont coupées des jeunes générations en faveur de la promotion des jeunes femmes et de contribuer à leur formation et à leur motivation afin de préparer une relève sinon elle sera exclusivement menée par les courants islamistes. Comment ? C’est le défi que doivent relever les organisations.

2. Tenir compte de l’Islam : La donne de l’Islam est incontournable, alors il vaut mieux travailler avec cette donnée que de l’ignorer (aux prochaines élections législatives on verra si les groupes de femmes vont travailler ensemble pour favoriser les candidatures féminines). La référence à la religion est un élément clé de la société algérienne : on ne peut pas faire comme si cela n’existait pas. Il s’agit de trouver les biais pour amener un débat entre tous les groupes et surtout identifier ce qui peut unir les femmes aujourd’hui plutôt que ce qui peut les diviser. S’il n’y a pas de dialogue possible sur certains problèmes (exemple : l’avortement) il peut y avoir unité sur d’autres (par exemple : le harcèlement sexuel, la participation politique etc.)

3. Enfin, il faut partir des problèmes réels et des besoins des femmes et non appliquer des orientations extérieures qui répondent plus parfois aux besoins des organismes internationaux (banque mondiale, institutions onusiennes, divers bailleurs de fonds). La coopération doit servir les intérêts de ces populations et non l’inverse. Par exemple, on voit actuellement plusieurs séminaires sur les femmes organisés par le département d’Etat américain dans le sens de la politique du Grand Moyen Orient et dont le but évident d’obtenir des élites féminines arabes une adhésion totale à la politique américaine au Moyen Orient .



En conclusion

Il y a une complexité des enjeux nationaux et internationaux (domination patriarcale et mondialisation). S’agissant de la société algérienne, il y une sorte de crispation identitaire au niveau de certains mouvements qui me parait être un effet direct de la situation coloniale et qui en porte encore les séquelles. Un responsable français de l’époque disait : « ayons les femmes, nous aurons le reste » ce qui souligne l’idée et la croyance que les femmes sont la base de la société. Et ceci a durablement traumatisé la société algérienne.

Bien sûr, l’Etat colonial n’a en rien changé la situation des femmes, mais les femmes sont « devenues » durablement les principales « gardiennes » des valeurs nationales et considérées comme telles par tous les pouvoirs et tous les groupes sociaux : le lien ténu entre l’identité culturelle et les femmes est devenu prééminent dans l’esprit de la société ( gardienne des traditions, gardiennes de la langue pour certains groupes, gardiennes de la religion) : toute la thématique anticoloniale du mouvement de libération a magnifié ce rôle : il en reste des effets et les traumatismes psychologiques sont toujours plus difficiles à effacer. Le discours sur les femmes n’est jamais innocent, ni indifférent aux enjeux conflictuels entre les groupes sociaux et entre les Etats du Nord et les Etats du Sud. Il faut y réfléchir pour éviter les crispations identitaires que l’on ressent aujourd’hui. Enfin ce qui est proposé aux femmes aujourd’hui (la modernité) n’est pas clairement défini. Il y a une difficulté réelle pour définir la modernité s’agissant des femmes.

Contrairement aux mouvements islamistes qui ont des références culturelles plus ou moins partagées par la société ou du moins qui s’y identifient, les élites modernes apparaissent souvent comme « extérieures » au corps social ou trop lointaines. Il faut sans doute dire que les discours politiques modernes se contentent souvent d’affirmer des incantations comme « faire de la femme une citoyenne à part entière » mais ne donnent pas les moyens aux femmes de le devenir. Il y a une vraie réflexion à mener au sein du mouvement des femmes, et avec toutes les femmes sans exception pour identifier les besoins, les désirs des femmes et surtout les priorités pour elles aujourd’hui. Les prochaines élections locales et législatives (2007) devraient être un moment de confrontation et de collaboration bénéfique entre tous les groupes de femmes. Nous verrons.

Saliha Boudeffa
Chargée de cours à la Faculté de Sciences Politiques et de l’Information
Université d’Alger
Notes :
1. Voir les cahiers "Genre et Développement". "Genre, mondialisation et pauvreté, Nº2,2002, Genève.
2. Cf. la communication de Aïcha Kouadri. Les femmes salariées permanentes sont passées de 69,6% en 1996 à 52% en 2003 et le mouv ement va en s’amplifiant. In : "Accès des femmes aux postes de décision", communication Rencontre "Stratégies pour les Droits des Femmes en Méditerranée", Novembre 2006.
3. Fanon, F. Sociologie d’une révolution, Maspero, Paris 1975.
4. Il n’y a rien d’étonnant à cela, la société dans son ensemble a évolué ainsi. Cf. P. Burgat, L’Islamisme au Maghreb, Paris, Karthala 1988. Botineau, Al Hanaf et Fregosi,F. l’Algérie par ses islamistes, Paris, Karthala, 1991.
5. Bien sûr qu’elles ne se revendiquent pas en tant que telles dans leurs discours mais auraient tendance à s’inscrire dans le concept de modernité.
6. De même, il me parait abusif d’accorder aux femmes une détermination idéologique spécifique, surtout lorsqu’elles se présentent sur la scène politique comme actrices et négocient sur le même terrain car "le terme acteur peut donner l’impression de la souveraineté mais il parle de lui-même pour qui veut l’écouter. L’acteur est un récitant qui par le détail de sa narration et de sa gestualité interprète un scénario, ce n’est jamais que la variation d’un thème prescrit", Govaerts, F. Pge 124
7. L’égalité des sexes est codifiée dans les trois constitutions algériennes (1963, 1976 et 1989)mais pas dans le code de la famille, adopté en 1984. L’histoire du code de la famille (inscrit à l’ordre du jour depuis 1963) est significative de l’enjeu des luttes sociales que représentent les femmes. Il n’était pas facile de codifier à l’interieur de la famille, considèrée comme sphère privée où l’Etat n’avait pas le droit de pénétrer sans s’attaquer à la "liberté" des individus, mais encore l’existence d’un droit musulman fixé depuis des siecles était consideré comme un rampart contre le droit positif occidental. les points de controverses fondamentaux sont la majorité civile des femmes, le divorce, l’héritage et la nafaqua.
8. Saliha Boudeffa : "Travail au féminin : identité et société en Algérie, Quelles perspectives ?" Travail final présenté en vue de l’obtention du diplôme de troisième cycle en Population et Développement. Université de Louvain La neuve. Belgique 1992.
9. A ce propos Belhassar Souhayr "Femmes tunisiennes islamistes", in Le Maghreb musulman en 1979. Paris, CNRS, 1981,pp 77-94.
10. Aïcha était la dernière femme du prophète . Elle avait dirigé la guerre contre le dernier Calife et l’avait perdue, mais aux yeux des musulmans, elle a créé une "fitna" (c’est à dire une guerre civile). Les musulmans n’ont cessé depuis de divulguer un hadith soutenant que "ne connaitra jamais la prospérité un peuple qui confie ses affaires à une femme", d’où l’idée de l’exclusion des femmes de la politique. Mais Mernissi tente à partir de sources historiques de montrer que la fabrication de faux hadiths était devenu une spécialité dans les luttes pour le pouvoir. Le harem politique, chap.II
11. De par mon observation personnelle, les femmes en hidjab que l’on rencontre chez les talebs et les marabouts sont aussi nombreuses que les femmes sans hidjab.
12. Ferchiou, S. "Dès le moment où elles acceptent de porter le voile, symbole de l’intériorisation de l’idéologie intégriste et de leur discours identitaire, les femmes acquièrent le droit de participer aux activités militantes. Pour l’entourage familial, elles deviennent comme asexuées, elles peuvent sortir seules, aller où elles veulent et quand elles le veulent, même la nuit s’il le faut. L’adhésion au mouvement, symbolisé par le voile, leur confère un certain prestige et un rôle de leader auprès des autres femmes...". Pouvoir, contre pouvoir et société en mutation, in Peuples méditerranéens, 48-49, juillet-décembre 1989, p.90
Communication présentée lors de la Rencontre Internationale :
"Stratégies pour les Droits des Femmes en Méditerranée"
El Prat de Llobregat,16-19 novembre 2006
ACSUR-Las Segovias, en collaboration avec "Femmes en Réseau" (- Mujeres en Red -)et "Plateforme pour les Droits Humains des Femmes" (Plataforma para los DDHH de las Mujeres)
Et l’appui de AECI et de ACCD.
Pour consulter le programme de la Rencontre :


28 décembre 2006
 
 
 

 

par Azriyas, femmes libres publié dans : Féminismes
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Dimanche 3 février 2008

"Root" signifie "racines" ... ce nouveau magazine lisible sur internet vise le lectorat africain-américain et la diaspora noire ... et toutes celles et tous ceux qui s'intéressent, un tant soit peu, au monde (pour ne pas dire communauté, terme qui véhicule trop de frilosité) des "Noirs" américains. 



Root, c’est le nom du nouveau magazine Internet destiné aux Africains-Américains et à la diaspora africaine. Lancé lundi par le groupe de presse américain Washington Post, ce webmagazine fournit une information sur la communauté noire des Etats-Unis mais aussi sur les faits marquants de l’actualité africaine. Le site anglophone propose également une assistance pour permettre aux Africains-Américains de retracer les origines de leurs ancêtres. Henry Louis Gates Junior, professeur à l’université d’Harvard et co-fondateur de The Root, a d’ailleurs réalisé une série d’interviews avec des personnalités noires dont il a débusqué des secrets enfouis… Ces entretiens, diffusés en partie sur le site, seront passés en intégralité sur la chaîne PBS les 6 et 13 février. Lynette Clemetson, directrice de la rédaction, revient sur la naissance et les aspirations de The Root.


Afrik.com : Comment est né The Root ?

Lynette Clemetson :
Au départ, The Root n’avait pas de nom. Ce magazine est né de l’idée de Henry Louis Gates Junior et de Donald Graham, le président de la compagnie Washington Post. Ils ont commencé à parler il y a plus d’un an d’un webmagazine pour les Noirs. Nous avons commencé à travailler sur le magazine en septembre-octobre. 


Afrik.com : Quel est votre cible ?

Lynette Clemetson :
Notre audience sera principalement noire mais certainement pas exclusivement noire. Nous n’allons pas nous restreindre aux Africains-Américains. Nous aimerions attirer l’attention de la diaspora.


Afrik.com : Vous avez notamment écrit sur la crise politique au Kenya. Pensez-vous que ce qui se passe en Afrique intéresse les Africains-Américains ?

Lynette Clemetson :
Nous espérons rendre ce site très intéressant en fournissant des articles très sérieux qui mettent en lumière ce qui se passe dans la communauté noire. Je pense que les Africains-Américains s’intéressent à ce qui se passe en Afrique. Quant à ceux pour qui ce n’est pas le cas, nous comptons éveiller leur intérêt pour ce qui se passe en Afrique et dans la diaspora.


Afrik.com : Comptez-vous uniquement traiter l’actualité politique du continent africain ou allez-vous couvrir des sujets plus décalés ?

Lynette Clemetson :
Je suis très en attente de sujets sociaux-culturels concernant la l’Afrique, les Antilles et la diaspora en Europe. Nous avons un écrivain nigérian qui vit aux Etats-Unis - Uzodinma Iweala, auteur de Beasts of no nation, un livre sur les enfants soldats en Sierra Leone - qui fait des critiques de livres. Nous espérons qu’il écrira sur d’autres sujets et qu’il nous présentera d’autres Africains vivant aux Etats-Unis qui pourraient écrire pour nous.


Afrik.com : Combien de journalistes travaillent avec vous ?

Lynette Clemetson :
Nous avons uniquement des journalistes freelance et des contributeurs qui écrivent pour nous régulièrement. L’équipe éditoriale est composée de quatre personnes : Henry Louis Gates Junior est directeur exécutif, je suis directrice de la rédaction, le directeur adjoint est Terence Samuel et Natalie Hopkinson est directrice associée.


Afrik.com : Fournirez-vous du contenu au site Internet du Washington Post, et vice-versa ?

Lynette Clemetson :
Nous n’avons pas pensé à cela pour l’instant, mais, comme The Root appartient au Washington Post, nous échangerons certainement du contenu.


Afrik.com : Votre site est largement dédié à la recherche des origines…

Lynette Clemetson :
Nous avons deux missions : faire un magazine en ligne et fournir un outil qui permette de faire des recherches sur sa famille. Depuis les avancées des tests ADN, les Africains-Americains sont plus intéressés dans la recherche de leurs racines. Cela tombait donc sous le sens que l’on dédie une partie du site à ces recherches. Et puis, le nom du magazine est The Root (qui signifie « la racine » en anglais, ndlr)… L’idée globale est que nous connaissions mieux l’histoire pour que nous puissions influencer le futur des Noirs.


Afrik.com : Combien de visites mensuelles espérez-vous ?

Lynette Clemetson :
Il est un peu tôt pour le dire. Mais notre cible ne se fixe pas en termes de visites mais de qualité : nous voulons fournir le meilleur contenu possible pour que les gens viennent ensuite à nous.

[ Source: Afrik.com]

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Actu diverse
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Dimanche 3 février 2008

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Colmar (en Alsace) lui a réservé sa salle de La Manufacture pendant plusieurs jours, jusqu'au 2 février 2008 pour son nouveau spectacle, "Sacrifices" .... titre éloquent pour un spectacle qui semble faire l'unanimité ... espérons qu'elle fera d'autres salles en France et que l'on aura le plaisir de la découvrir dans une salle parisienne !

Elle est franco-algérienne, a 31 ans, vit en Alsace et sait croquer  avec tendresse les femmes des cités ...

Féroce, sensible et drôle, « Sacrifices » le nouveau spectacle de Nouara Naghouche (co-écrit et mis en scène par Pierre Guillois) a rallié tous les suffrages des spectateurs venus nombreux à La Manufacture jeudi 24 et vendredi 25 janvier.

"Sans concessions et toujours sur le fil du rasoir, le solo de l’artiste colmarienne n’épargne rien ni personne et réussit le tour de force d’alterner un humour ravageur et une émotion à fleur de peau.
Rabelais et Shakespeare s’invitant dans la réalité des quartiers Ouest : c’est le pari gagné par Nouara Naghouche et Pierre Guillois. Humour décapant et gravité, comédie ubuesque et tragédie, Nouara Naghouche pratique l’art et la manière de marier les contraires. On rit et on frémit à l’évocation de personnages plus vrais que nature : Zoubida mariée à Rachid qui la maintient en état de quasi-esclavage, Marie-France, française moyenne très BCBG qui n’en finit pas de pardonner au mari qui la bat régulièrement, Smaïn l’ado maladroit à la politesse désespérée,… 

Avec pour seuls accessoires sa révolte et son amour pour les gens du quartier, Nouara Naghouche dresse un tableau saisissant des laissés pour compte de la société.
L’écriture de « Sacrifices » reste alerte de bout en bout et les mots ont le tranchant du scalpel. Dans la bouche du beauf alsacien, le RMI devient le Revenu Minimum Islamique et radio Nostalgie a bien du mal à couvrir les actes de violence conjugale…

Le public rit jaune aux déhanchements désespérés d’un zouk ou d’une macumba improvisés autour d’une serpillière et d’un balai… Car non content de multiplier les personnages atypiques, Nouara Naghouche sait chanter et danser comme personne, avec cette énergie et cette générosité qui sont l’apanage des grands. Quant à la mise en scène de Pierre Guillois, elle apporte l’espace qui manque tant aux personnages emmurés dans leurs certitudes et leurs mensonges : variété des approches, changement de rythme et comique de répétition, le tout est ficelé avec une économie de moyens qui laisse le champ libre à l’émotion et à la vérité de l’acteur." [Dominique Feig, le 27-01-2008 pour l'Alsace]

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Son précédent spectacle s'intitulait "Ca n'arrive qu'aux autres" (2003), elle y incarnait 3 femmes:

Nouara Naghouche incarne trois personnages, trois femmes.


- Fatima Boumedine, divorcée, vit avec ses six enfants et sa mère dans un immeuble. Elle nous fait partager son quotidien : repas de famille, dialogue avec sa fille Bouchera, adolescente, répétition avant l’entretien avec une assistante sociale, réunion entre femmes chez une copine, souvenir bouleversé d’un rêve.

- Mounira est une amie de collège de Bouchera, excitée d’attendre un enfant et qui va perdre ses illusions le temps d’un intercours.

- Antoinette Munster est alsacienne. C’est la copine à Fatima. Elle l’accompagne, la défend, la protège, jusqu’à l’excès parfois.

Chacune avec son accent, son caractère, sa naïveté, son effronterie. Enthousiates, vivantes. Drôles et graves aussi.

C’est le « vivre ensemble » qui est questionné par l’humour décalé de Nouara Naghouche.
La condition de la femme, les différences culturelles et religieuses, l’intolérance sont les leitmotivs du spectacle. Elle ironise sans retenue sur la politique de l’emploi, le port du foulard, etc.

Spontanée, généreuse et énergique, Nouara Naghouche conduit son solo avec brio et singularité. Elle nous fait entendre une nouvelle voix, celle d’une femme humoriste aux accents du Maghreb mêlé à l’Alsace.»
[Source]


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Leïla

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Portraits
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Mardi 29 janvier 2008

 Irshad.jpg   Irshad Manji est chercheuse à l’université de Yale. Elle est l’auteur de Musulmane mais libre et l’animatrice du site Muslim refusnik.

« L’Occident doit cesser de se laisser endormir par l’idée du multiculturalisme. »

 

« Je ne ferai jamais le pèlerinage à La Mecque car on y interdit l’entrée aux juifs et aux chrétiens »

Née en Ouganda en 1968, au sein d’une famille musulmane, Irshad Manji est une écrivaine et journaliste canadienne. Elle a été désignée par le New York Times comme le « pire cauchemar d’Oussama Ben Laden ». Elle critique violemment les islamistes et les interprétations littérales du Coran, s’attaque aux pratiques extrémistes de l’islam, et notamment au traitement généralement infligé aux femmes par les musulmans. Elle critique abondamment la politique palestinienne et les opinions de la plupart des musulmans concernant Israël.

En mars 2006, elle a co-signé,avec 11 intellectuels libéraux tels que Salman Rushdie, Ayaan Hirsi Ali, Taslima Nasreen, une lettre intitulée Manifeste des douze : “ensemble contre le totalitarisme”, en réponse aux très violentes réactions envers les caricatures danoises de mahomet.

Elle remet en question un grand nombre des interprétations historiques du coran, et recommande le concept d’Itjtihad, tradition musulmane de pensée indépendante.

Son best-seller the Trouble with islam today (« Le problème avec l’islam aujourd’hui » étrangement devenu « Musulmane mais libre » dans son édition française) a été traduit dans plus d’une douzaine de langues.

[ Source: http://imanji.wordpress.com/ ]I1.jpg

Pour les Anglophones:

The New York Times describes Irshad Manji as "Osama bin Laden’s worst nightmare." Oprah's magazine has given Irshad the first annual Chutzpah Award for "audacity, nerve, boldness and conviction."  She takes both as a compliment.
Irshad is Director of the Moral Courage Project at New York University. It aims to develop leaders who will challenge political correctness, intellectual conformity and self-censorship. In the best spirit of liberal education, the Moral Courage Project teaches that rights come with responsibilities, that we are citizens rather than members of mere tribes, and that meaningful diversity embraces different ideas and not just identities.

Through her commitment to Muslim reform, Irshad is putting these principles into practice.  She is the internationally best-selling author of The Trouble with Islam Today: A Muslim’s Call for Reform in Her Faith. Her book has been published in almost 30 countries, including Pakistan, India and Lebanon. It will soon be released in Indonesia.

In those countries that have censored The Trouble with Islam Today, Irshad is reaching readers by posting free translations on this website. The Arabic translation alone has been downloaded 300,000 times and circulated by youth throughout the Middle East.

Irshad is also creator of the acclaimed PBS documentary, "Faith Without Fear," which chronicles a young woman’s journey to reconcile Islam with human rights and freedom.  "Faith Without Fear" is now being screened across Europe and shown in the Muslim underground via digital technologies.

As a journalist, Irshad’s columns appear frequently in the New York Times, Wall Street Journal, Times of London, Al-Arabiya.net and other major news sources. She writes a regular feature for Canada’s Globe and Mail.

As a social entrepreneur, Irshad has founded Project Ijtihad, an initiative to renew Islam’s own tradition of critical thinking, debate and dissent.  Project Ijtihad is helping to build the world’s most inclusive network of reform-minded Muslims and non-Muslim allies. 
Born in 1968, Irshad is a refugee from Idi Amin’s Uganda. In 1972, she and her family fled to Vancouver, where Irshad grew up attending public schools as well as the Islamic madressa. In 1990, she graduated with honors from the University of British Columbia, winning the Governor-General’s medal for top academic achievement in the humanities.

Thanks to The Trouble with Islam Today, her ideas are capturing international attention. That means condemnation as well praise.  Here’s a sample of the debate:

  • Khaleel Mohammed, imam and professor of Islam at San Diego State University: "Irshad wants us to do what our Holy Book wants us to do: End the tribal posturing, open our eyes, and stand up to oppression, even if it's rationalized by our vaunted imams."
  • Khaled Almeena, Editor, Arab News (Saudi Arabia): "This fraudulent book has now become a guide to Islam."
  • Thomas Friedman, New York Times foreign affairs columnist: "The democratic movements that have now emerged have shown just how many young Muslims want to give voice to their aspirations and achieve their full potential. If you want to get a taste of what they sound like, read Irshad Manji…"
  • Jane Mansbridge, Adams Professor of Political Leadership and Democratic Values at Harvard University: "All is not lost if people of Irshad Manji’s capacity can carry a fresh and convincing message to the coming generation. I cannot urge her more strongly to maintain her frank, open, and intelligent approach. This cause is, I believe, the most important new movement in several decades."
[ Source: http://www.irshadmanji.com/about-irshad ] I2.gif
par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Portraits
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Mardi 29 janvier 2008

Drame à Clichy-sous-Bois (par Lucie.P)

Dans la nuit du 15 au 16 janvier 2008, une jeune femme, Fatima, a été assassinée par sa famille pour des raisons encore incertaines.

Il semblerait que la jeune fille ait eu, au regard de sa famille, un comportement indigne, en raison notamment, de sa consommation d’alcool.
C’est donc en rentrant de son travail que Fatima aurait été frappée par ses frères puis poignardée par sa mère. Les circonstances de cet acte ne sont toujours pas claires, surtout en ce qui concerne l’implication des deux frères de Fatima dans son assassinat.


Cependant bien qu’on ne connaisse pas le déroulement exacte de la soirée qui fut fatale à la jeune femme, une chose est sure : Fatima a commis une seule erreur, celle d’être née femme.

En effet, son comportement jugé scandaleux par sa famille, était celui d’une femme qui se voulait libre, libre de travailler, libre de mener sa vie comme elle le souhaitait !
C’est donc encore une fois une femme qui meurt pour avoir voulu exister en tant que personne et non en tant que femme emprisonnée dans un carcan de règles archaïques avec pour seule identité celle de la femme soumise aux lois de l’homme. 

[Article publié
 ici.]

Leïla

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Féminismes
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