… vu par une universitaire algérienne, qui tente d’analyser la nouvelle donne pour les femmes en Algérie : elle fait un état des lieux des différents mouvements
féministes et souligne la visibilité grandissante des femmes, qui investissent un nombre de plus en plus important de secteurs.
Elle évoque également le rôle politique que la femme algérienne a joué durant la guerre d’indépendance, ce qui a lui permis de prétendre à des droits politiques et sociaux
très tôt. Contrairement à d'autres femmes arabes.
Et c’est à mon sens ce qui fait la particularité des femmes algériennes dans le monde maghrébin, les hommes (algériens) eux-mêmes reconnaissent qu’ils leur sont largement
redevables. Et qu’elles ont été des partenaires égaux (en ville, dans le maquis, dans l’organisation de l’insurrection, etc). Mais dans les faits, depuis la proclamation de l’indépendance
algérienne, elles ont regagné le bercail … même si depuis quelques années, elles battent le pavé (et quelle belle énergie!)… et puis, il reste encore cette humiliation
permanente que constitue le Code de la Famille. Que ses détracteurs nomment CODE DE L'INFAMIE.
Parmi les mouvements féministes cités par l’auteure de cet article, il y en a un qui a attiré mon regard : c’est le féminisme islamiste. Ce qu’en dit l’auteure est
extrêmement intéressant.
Déjà, elle distingue différentes motivations chez les porteuses du hijab, et d’autre part, elle insiste bien sur ce qui fait le féminisme de ces femmes musulmanes : en
fait, elles distinguent, dans le Coran, les figures féministes (ai-je envie de dire) de Khadija et Aïcha, la 1ère et la dernière femme du Prophète. Khadija était une commerçante veuve
et Aïcha était, de toutes les épouses du Prophète la favorite (et qu’on ne vienne pas me dire qu’il les aimait toutes avec la même intensité et les traitait de la même façon). En fait, elles se
concentrent sur les points positifs du Coran … et le reste ? Je n’arrive toujours pas à concevoir que l’on puisse être religieuse et féministe.
Je ne m’érige pas en connaisseuse parfaite de ce terrain, par conséquent, s’il venait à passer par ici, des lecteurs avisés et éclairés sur la question, qu’ils viennent nous
faire part de leur opinion. Ce blog vise l’échange avant toute chose.
Je vous invite à lire l’article jusqu’au bout, il offre des pistes de réflexion pertinentes et des propositions intéressantes.
Quelle Problématique pour le féminisme algérien ?
Par : Saliha Boudeffa
Dans cet exposé, je voudrais surtout amener quelques éléments de réflexion nécessaires à la mise en place de stratégies relatives au féminisme, à la citoyenneté ou
de manière plus générales à la question féminine. Je me suis posé deux questions : y a t il un féminisme et quelle sont ces formes ? Quels sont les éléments dont il faudrait tenir
compte et comment les féministes algériennes vont se positionner par rapport aux nouveaux enjeux et aux changements (les nouveaux désordres mondiaux) internationaux qui influent nécessairement
sur la société algérienne.
Je voudrais souligner que les formes de lutte du féminisme maghrébin ne sont pas et ne seront probablement jamais les mêmes que les formes du féminisme occidental,
nous n’avons pas affaire au même contexte, ni aux mêmes sociétés et il faut garder l’ouverture d’esprit nécessaire pour comprendre certains phénomènes complexes (comme l’islamisme) qui peuvent
paraître simples mais dont les effets sont contradictoires sur la société.
On ne peut pas réfléchir hors contexte international et on doit tenir compte de la mondialisation qui a des effets sur toutes les sociétés de la planète avec
l’introduction des privatisations, l’ouverture des marchés nationaux et la libéralisation sauvage. Ceci rend la situation des femmes de plus en plus précaire à cause de la remise en cause des
acquis sociaux (1) (l’emploi n’est plus protégé comme au temps du socialisme)(2). L’exigence de bonne gouvernance amène les institutions internationales à s’immiscer de plus en plus dans les
affaires des Etats nationaux et limitent leur souveraineté et leurs politiques sociales . On connaît les effets de l’ajustement structurel sur les femmes dans les pays d’Afrique au cours de la
décennie 80, qui a renforcé la pauvreté et a eu des effets sur les dépenses d’éducation et de santé.
On doit aussi réfléchir dans le contexte national où les luttes autour du pouvoir entre divers courants politiques dont le courant islamiste sont de plus en plus
exacerbées. On garde à l’esprit ces éléments en abordant les problèmes liés à la question féminine.
Quelques remarques sur les changements dans la société algérienne
Les transformations dans la société algérienne
Dans la société algérienne, il y a des transformations importantes qui doivent nous amener à repenser les catégories d’analyses et les approches vis-à-vis de la
question féminine. C’est un travail qui reste à faire de la part des chercheurs et des groupes de femmes. Les changements auront des effets à moyen terme et à long terme. Ces changements sont de
plusieurs ordres mais je ne noterai que quelques uns qui me paraissent pertinents.
La visibilité dans l’espace public, les femmes sont nombreuses et on assiste à une
féminisation de plusieurs secteurs d’activité et de plusieurs institutions : à titre d’exemple les étudiantes sont plus nombreuses à l’université et en 2006 : 56% des bacheliers étaient
des bachelières,
- la féminisation du secteur de la santé (prés de 70% du secteur médical et para médical),
- la féminisation des médias qui est un secteur stratégique pour tous et qui peut amener des transformations dans l’image de la femme,
- la féminisation du secteur commercial et du secteur de la distribution qui les rend à la fois plus visibles mais en même temps les fragilise, ces travailleuses peuvent être exploitées
sans possibilité de s’organiser et être à la merci des petits patrons (harcèlement sexuel ou moral, précarité dans les revenus),
- la féminisation du secteur de la justice.
Au niveau de la législation des changements ont été apportés : amendements au code de la famille et une loi sur le harcèlement sexuel. Ces changements, inconnus
il y a 20 ans, vont produire des effets à moyen terme et le mouvement des femmes devrait en tenir compte dans l’élaboration de ses stratégies, si l’on veut élaborer des stratégies efficaces de
mobilisation des élites et des masses féminines.
Les mouvements de femmes
Pour faire rapidement, je voudrais distinguer trois types de féminisme : le féminisme officiel, c’est par exemple les programmes du Ministère délégué à la
condition féminine, le féminisme des organisations (ONG d’essence laïque mais qui ne le revendiquent pas ouvertement) et le féminisme islamiste.
Les femmes algériennes en tant qu’acteur politique ont émergé réellement pendant la guerre de libération nationale (3) et ont été extrêmement médiatisées par la
presse internationale de l’époque. Ce passé « héroïque » des femmes a contribué à forger une idée de l’émancipation des femmes par l’acquisition des droits politiques et sociaux.
Les termes du discours politique dominant sont tour à tour « libération », « émancipation », « promotion » ou « évolution »
connotant, selon les acteurs, l’idée même qu’ils se font du « retard » féminin. Les femmes elles-mêmes désormais mesuraient leur condition par référence à un modèle
« moderniste ». Progressivement les mouvements de femmes se diversifient pour donner lieu à deux tendances distinctes (l’une d’inspiration laïque, l’autre d’inspiration islamique)
(4).
Globalement et qu’elles le signifient ou pas, les femmes porte-parole de ces mouvements font partie des élites féminines privilégiées parlant au nom des
« masses féminines ». En dehors des étiquettes, souvent politiciennes que l’on colle, on peut dire (parce qu’il n’y a pas moyen de le dire autrement) qu’il y a un féminisme laïc et un
féminisme islamiste (5) surtout si elles se revendiquent elles-mêmes ainsi, en tant qu’acteur (6).
Quant au féminisme « officiel », lié au parti unique, il a cessé de monopoliser dans le contexte actuel la question féminine, débordé sur ses deux côtés.
Ce sont les travailleuses qui constituent la base sociale du mouvement féminin laïc ou islamiste.
Le féminisme officiel ou féminisme d’Etat : c’est le ministère délégué de la
condition féminine dont les pouvoirs sont extrêmement limités. Jusqu’aux années 1990, le féminisme officiel se manifestait dans l’organisation nationale des femmes algériennes (UNFA) devenue
actuellement une organisation indépendante de l’Etat mais restée proche du FLN dont elle était une organisation satellite (organisation de masse), Cette organisation s’est reconvertie dans le
« soutien au président » et a participé activement à la campagne électorale présidentielle de 2004.
Le féminisme « laïque » : je garde ce mot entre guillemets mais il
fait référence aux groupes et collectifs qui ont créé des associations dites indépendantes. Le féminisme « laïc » (qu’il ait été officiel, à l’époque du parti unique ou autonome
aujourd’hui) revendique une citoyenneté fondée sur le travail salarié et l’égalité juridique dans la famille (7). Les revendications des « féministes laïques » portent sur l’abrogation
du code de la famille, le droit inconditionnel à l’emploi, la majorité civile au même âge que l’homme. Mais dans le contexte algérien, c’est fondamentalement le problème même de la laïcisation de
la société qui est posé (le lien entre « laïcité », égalité des sexes et modernité est constant)(8).
L’activité de ces organisations consiste souvent en l’organisation de séminaires, rédaction de pétitions, centres d’écoutes téléphoniques et juridiques et autres
activités de formation (genre, code de la famille). Ses références et ses actions procèdent des traditions et méthodes occidentales.
Le féminisme « islamiste » : (Malgré le fait que certains refusent
ce qualificatif à ce mouvement) est peu visible mais travaille la société en profondeur par des actions de proximité : à titre d’exemple beaucoup de jeunes étudiantes sont dans les
instances de l’UGEL (Union des étudiants libres, proches du parti MSP - Hamas). Si ses élites sont instruites, il est plus implanté dans les milieux
populaires et se distingue par le choix vestimentaire du port du voile islamique dont les motivations sont diverses (9). Il manifeste malgré tout une adhésion à la religion quoique beaucoup
disent souvent que c’est un cache misère. Fondamentalement, c’est la démonstration de leur soumission à Dieu (il ne faut pas oublier que le terme Islam veut dire soumission) en priorité puisque
le hidjab est porté parfois sans l’accord des parents et même dans une lutte conflictuelle avec eux. Leur interprétation de l’Islam insiste sur l’aspect positif du Coran et sur les figures
symboliques les plus importantes de l’Islam : Khadjija et Aïcha(10), les femmes du prophète. Il ne faut pas oublier que la société traditionnelle excluait les femmes du religieux officiel,
leurs pratiques étaient considérées comme des pratiques sataniques (sorcellerie, rites...).
Les femmes islamistes luttent aussi contre ces pratiques considérées comme un faux islam. Mais entre leur discours et leurs pratiques concrètes (qu’il faudra bien analyser un jour) on peut
émettre l’hypothèse que les choses ne sont pas aussi simples (11). Mais ces femmes retrouvent à partir de la mosquée une sorte de sociabilité et recréent un monde de femmes qui a été éclaté par
la modernisation brutale, mais tentent aussi un processus d’affirmation de soi individuelle (12) contre la famille grâce à la religion. Ce qui va relativement à l’encontre de l’idée qu’elles
veulent se réserver au foyer, à l’espace privé bien qu’elles revendiquent une identité de mère et une citoyenneté « religieuse ».
Mais tous les féminismes se projettent comme avant-garde sociale. Leurs pratiques militantes visant à mobiliser la société féminine autour des enjeux sociaux.
Les thématiques développées :
Trois thèmes sont dominants aujourd’hui dans les approches des organisations:
1. La focalisation sur le genre : formation de cadres associatifs, encouragée et financée par les bailleurs de
fonds, ONGS ou institutions Onusiennes qui touchent les femmes des institutions gouvernementales, les ONG laïques mais dont les femmes islamistes sont plus ou moins exclues. On a ainsi un
potentiel de cadres associatifs formés dans la thématique du genre qui pourraient s’organiser pour élever le niveau des interventions de la société civile.
2. La participation politique des femmes dans les instances législatives et exécutives, les partis politiques : à
titre d’exemple un mémorandum à été élaboré grâce à l’UNIFEM et en collaboration avec les femmes parlementaires et les femmes issues d’autres partis politiques pour discuter des quotas et
soulever le problème de la parité dans les institutions politiques et législatives.
3. la violence envers les femmes : des études issues du centre national de santé publique, des associations ont
mis en place des centres d’écoutes psychologiques avec la collaboration des fondations : par exemple le centre d’écoute de SOS femmes en détresse qui est parmi les premiers, la mise en place
de réseau comme le réseau wassila (orientation, hébergement et prise en charge des personnes).
Il faut faire remarquer que deux thèmes sont exclus : l’avortement et la sexualité hors mariage ou la sexualité juvénile.
Sont identifiées ainsi plusieurs actions ponctuelles de la part de ces organisations mais on ne peut parler d’un mouvement ou d’une lame de fond susceptibles de
transformer radicalement les choses. La capacité de négociation de ces groupes se révèle extrêmement limitée et diverses actions sont menés en rang dispersé et ne contribuent pas à construire un
mouvement féministe et à augmenter ses capacités de lutte et d’intervention.
Certaines organisations ont toujours le projet d’arriver à une plate forme minimum entre toutes les organisations mais le terrain reste difficile, la quasi exclusion
des femmes islamistes du débat ne contribue pas à préparer une relève chez les jeunes générations.
Il faut relever que la moyenne d’âge des cadres du mouvement et des groupes de femmes tourne autour de 40 et 50 ans, élites héritières du système colonial dont elles
ont reçu l’éducation. Les jeunes générations qui représentent l’immense majorité dans un pays démographiquement jeune ne sont pas mobilisées, ce sont les étudiantes d’aujourd’hui qui fabriquent
la synthèse entre l’islam et la culture mondiale (symbolisé dans la mode) ces jeunes qui écoutent à la fois Amrou Khaled de la TV arabe satellitaire IKRRA et les chanteurs égyptiens ou
occidentaux dont on devrait analyser les aspirations. Amrou Khaled a un succès immense auprès de cette jeunesse (tous ses Cd -Rom sont vendus en Algérie) car il évoque tous les problèmes sans
tabou comme l’amour, le sida, la compréhension au sein du couple... Ces jeunes sont aussi influencées par les effets induits par l’intégration du pays dans le processus capitaliste où la mode a
un poids énorme (il n’est pas étonnant de trouver à Alger des jeunes filles habillées dans cette nouvelle mode : foulard, pantalon et tee-shirt absolument à la mode). Tout cela pour
souligner l’échec dans la transmission des expériences de lutte et de vie de la part des élites féminines aux jeunes générations.
Ces deux remarques donc : incapacité d’avoir une vision commune et échec de la transmission des luttes aux jeunes générations
me poussent à dire qu’il y a encore plusieurs obstacles à dépasser pour arriver à un mouvement de femmes suffisamment puissant et capable d’influencer les pouvoirs publics.
1. Mettre des ponts entre générations puisque les organisations les plus visibles (organisations qui possèdent les
ressources et les relations internationales) sont coupées des jeunes générations en faveur de la promotion des jeunes femmes et de contribuer à leur formation et à leur motivation afin de
préparer une relève sinon elle sera exclusivement menée par les courants islamistes. Comment ? C’est le défi que doivent relever les organisations.
2. Tenir compte de l’Islam : La donne de l’Islam est incontournable, alors il vaut mieux travailler avec cette
donnée que de l’ignorer (aux prochaines élections législatives on verra si les groupes de femmes vont travailler ensemble pour favoriser les candidatures féminines). La référence à la religion
est un élément clé de la société algérienne : on ne peut pas faire comme si cela n’existait pas. Il s’agit de trouver les biais pour amener un débat entre tous les groupes et surtout
identifier ce qui peut unir les femmes aujourd’hui plutôt que ce qui peut les diviser. S’il n’y a pas de dialogue possible sur certains problèmes (exemple : l’avortement) il peut y avoir
unité sur d’autres (par exemple : le harcèlement sexuel, la participation politique etc.)
3. Enfin, il faut partir des problèmes réels et des besoins des femmes et non appliquer des orientations extérieures
qui répondent plus parfois aux besoins des organismes internationaux (banque mondiale, institutions onusiennes, divers bailleurs de fonds). La coopération doit servir les intérêts de ces
populations et non l’inverse. Par exemple, on voit actuellement plusieurs séminaires sur les femmes organisés par le département d’Etat américain dans le sens de la politique du Grand Moyen
Orient et dont le but évident d’obtenir des élites féminines arabes une adhésion totale à la politique américaine au Moyen Orient .
En conclusion
Il y a une complexité des enjeux nationaux et internationaux (domination patriarcale et mondialisation). S’agissant de la société algérienne, il y une sorte de
crispation identitaire au niveau de certains mouvements qui me parait être un effet direct de la situation coloniale et qui en porte encore les séquelles. Un responsable français de l’époque
disait : « ayons les femmes, nous aurons le reste » ce qui souligne l’idée et la croyance que les femmes sont la base de la société. Et ceci a durablement traumatisé la société
algérienne.
Bien sûr, l’Etat colonial n’a en rien changé la situation des femmes, mais les femmes sont « devenues » durablement les principales
« gardiennes » des valeurs nationales et considérées comme telles par tous les pouvoirs et tous les groupes sociaux : le lien ténu entre l’identité culturelle et les femmes est
devenu prééminent dans l’esprit de la société ( gardienne des traditions, gardiennes de la langue pour certains groupes, gardiennes de la religion) : toute la thématique anticoloniale du
mouvement de libération a magnifié ce rôle : il en reste des effets et les traumatismes psychologiques sont toujours plus difficiles à effacer. Le discours sur les femmes n’est jamais
innocent, ni indifférent aux enjeux conflictuels entre les groupes sociaux et entre les Etats du Nord et les Etats du Sud. Il faut y réfléchir pour éviter les crispations identitaires que l’on
ressent aujourd’hui. Enfin ce qui est proposé aux femmes aujourd’hui (la modernité) n’est pas clairement défini. Il y a une difficulté réelle pour définir la modernité s’agissant des femmes.
Contrairement aux mouvements islamistes qui ont des références culturelles plus ou moins partagées par la société ou du moins qui s’y identifient, les élites
modernes apparaissent souvent comme « extérieures » au corps social ou trop lointaines. Il faut sans doute dire que les discours politiques modernes se contentent souvent d’affirmer des
incantations comme « faire de la femme une citoyenne à part entière » mais ne donnent pas les moyens aux femmes de le devenir. Il y a une vraie réflexion à mener au sein du mouvement
des femmes, et avec toutes les femmes sans exception pour identifier les besoins, les désirs des femmes et surtout les priorités pour elles aujourd’hui. Les prochaines élections locales et
législatives (2007) devraient être un moment de confrontation et de collaboration bénéfique entre tous les groupes de femmes. Nous verrons.
Saliha Boudeffa
Chargée de cours à la Faculté de Sciences Politiques et de l’Information
Université d’Alger
Notes :
1. Voir les cahiers "Genre et Développement". "Genre, mondialisation et pauvreté, Nº2,2002, Genève.
2. Cf. la communication de Aïcha Kouadri. Les femmes salariées permanentes sont passées de 69,6% en 1996 à 52% en 2003 et le mouv ement va en s’amplifiant. In :
"Accès des femmes aux postes de décision", communication Rencontre "Stratégies pour les Droits des Femmes en Méditerranée", Novembre 2006.
3. Fanon, F. Sociologie d’une révolution, Maspero, Paris 1975.
4. Il n’y a rien d’étonnant à cela, la société dans son ensemble a évolué ainsi. Cf. P. Burgat, L’Islamisme au Maghreb, Paris, Karthala 1988. Botineau, Al Hanaf et
Fregosi,F. l’Algérie par ses islamistes, Paris, Karthala, 1991.
5. Bien sûr qu’elles ne se revendiquent pas en tant que telles dans leurs discours mais auraient tendance à s’inscrire dans le concept de modernité.
6. De même, il me parait abusif d’accorder aux femmes une détermination idéologique spécifique, surtout lorsqu’elles se présentent sur la scène politique comme
actrices et négocient sur le même terrain car "le terme acteur peut donner l’impression de la souveraineté mais il parle de lui-même pour qui veut l’écouter. L’acteur est un récitant qui par le
détail de sa narration et de sa gestualité interprète un scénario, ce n’est jamais que la variation d’un thème prescrit", Govaerts, F. Pge 124
7. L’égalité des sexes est codifiée dans les trois constitutions algériennes (1963, 1976 et 1989)mais pas dans le code de la famille, adopté en 1984. L’histoire du
code de la famille (inscrit à l’ordre du jour depuis 1963) est significative de l’enjeu des luttes sociales que représentent les femmes. Il n’était pas facile de codifier à l’interieur de la
famille, considèrée comme sphère privée où l’Etat n’avait pas le droit de pénétrer sans s’attaquer à la "liberté" des individus, mais encore l’existence d’un droit musulman fixé depuis des
siecles était consideré comme un rampart contre le droit positif occidental. les points de controverses fondamentaux sont la majorité civile des femmes, le divorce, l’héritage et la
nafaqua.
8. Saliha Boudeffa : "Travail au féminin : identité et société en Algérie, Quelles perspectives ?" Travail final présenté en vue de l’obtention du
diplôme de troisième cycle en Population et Développement. Université de Louvain La neuve. Belgique 1992.
9. A ce propos Belhassar Souhayr "Femmes tunisiennes islamistes", in Le Maghreb musulman en 1979. Paris, CNRS, 1981,pp 77-94.
10. Aïcha était la dernière femme du prophète . Elle avait dirigé la guerre contre le dernier Calife et l’avait perdue, mais aux yeux des musulmans, elle a créé une
"fitna" (c’est à dire une guerre civile). Les musulmans n’ont cessé depuis de divulguer un hadith soutenant que "ne connaitra jamais la prospérité un peuple qui confie ses affaires à une femme",
d’où l’idée de l’exclusion des femmes de la politique. Mais Mernissi tente à partir de sources historiques de montrer que la fabrication de faux hadiths était devenu une spécialité dans les
luttes pour le pouvoir. Le harem politique, chap.II
11. De par mon observation personnelle, les femmes en hidjab que l’on rencontre chez les talebs et les marabouts sont aussi nombreuses que les femmes sans
hidjab.
12. Ferchiou, S. "Dès le moment où elles acceptent de porter le voile, symbole de l’intériorisation de l’idéologie intégriste et de leur discours identitaire, les
femmes acquièrent le droit de participer aux activités militantes. Pour l’entourage familial, elles deviennent comme asexuées, elles peuvent sortir seules, aller où elles veulent et quand elles
le veulent, même la nuit s’il le faut. L’adhésion au mouvement, symbolisé par le voile, leur confère un certain prestige et un rôle de leader auprès des autres femmes...". Pouvoir, contre pouvoir
et société en mutation, in Peuples méditerranéens, 48-49, juillet-décembre 1989, p.90
Communication présentée lors de la Rencontre Internationale :
"Stratégies pour les Droits des Femmes en Méditerranée"
El Prat de Llobregat,16-19 novembre 2006
ACSUR-Las Segovias, en collaboration avec "Femmes en Réseau" (- Mujeres en Red -)et "Plateforme pour les Droits Humains des Femmes" (Plataforma para los DDHH de las
Mujeres)
Et l’appui de AECI et de ACCD.
Pour consulter le programme de la Rencontre :
28 décembre 2006