Vendredi 9 mai 2008
Depuis 2006, le 10 mai est la journée officielle de commémoration nationale des «Mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions».

2008 célèbre également le 160e anniversaire de l’abolition de l’esclavage.
C’est dans ce cadre que le musée Dapper organise, pour la troisième année consécutive, Mémoire partagée, un événement qui favorise les regards croisés, les rencontres et les dialogues autour d’une histoire commune. Cette manifestation répond aussi à la volonté de s’appuyer sur des réflexions pluridisciplinaires portant sur l’esclavage, avec un accent plus particulier sur l’histoire, la sociologie et les pratiques artistiques.

Mémoire partagée accueille le festival «Regards sur l’esclavage : Mémoire vive» (2-10 mai) organisé par Radio France Internationale. Cette année, le festival a choisi de mettre en lumière les héros et les résistances à l’esclavage, à travers la projection de films, documentaires et fictions produits aux Antilles, en France, à Cuba, aux États-Unis.

Pour de plus amples informations, cliquez là.



La programmation pour ce week-end:

Samedi 10 mai – Voyage au coeur de l'héritage musical (avec Générations)
15 h

Marrons : la piste créole en Amérique, d'André Gladu
Québec – 2005 – Documentaire – 90 min

Marrons : la piste créole en Amérique est un hommage à la culture créole de Louisiane et particulièrement aux apports des Nègres Marrons qui ont laissé en héritage leur esprit de résistance, leur goût de la liberté et la musique. Un voyage au coeur des immenses territoires investis à l'époque par les bandes de Marrons et d'où partirent les premières révoltes contre l'esclavage en Amérique.

17 h
Soca fever, de Claude Santiago
Débat en présence de Claude Santiago
France – 2008 – Documentaire – 60 min

Soca Fever nous entraîne à la découverte de la musique trinidadienne en plein carnaval, moment privilégié de communion musicale où s'expriment toutes les tendances et toute la mémoire de la période de l'esclavage.


18 h
From Mabo to Hip-hop, de Henri Chaslant

20 h

Retour à Gorée, de Pierre-Yves Borgeaud

 

Suisse / Sénégal – 2007 – Documentaire – 90 min


Retour à Gorée raconte le périple du chanteur africain Youssou N'Dour, guidé dans sa quête par le pianiste Moncef Genoud, sur les traces des esclaves noirs et de la musique qu'ils ont inventée : le jazz. Son défi : rapporter en Afrique un répertoire de jazz et le chanter à Gorée, l'île symbole de la traite négrière, en hommage aux victimes de l'esclavage.

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Actu diverse
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 3 mai 2008
Je relaie l'information que j'ai eue sur des blogs / sites amis, tout en rêvant que cette marche non-mixte puisse se dérouler dans toutes les villes du monde entier, et pas seulement des pays occidentaux ... je rêve ...mais c'est bien grâce à nos rêves que l'on est encore debout ...

Une marche de nuit non-mixte se prépare à Paris pour le samedi 14 juin 2008. Les réunions pour l’organiser ensemblE ont lieues à la Maison des Femmes de Paris (163 rue de Charenton, 12ème arrondissement). L’appel au rassemblement suivi d’une marche non-mixte est déjà disponible : voir ci-après. En avant !

Marchons la nuit, pour ne plus nous faire marcher dessus le jour !

 

” Des filles, des femmes, des féministes et des lesbiennes, réunies régulièrement à la Maison des Femmes de Paris, appellent toutes celles de la région parisienne et d’ailleurs à :

Un RASSEMBLEMENT suivi d’une MARCHE DE NUIT NON-MIXTE
Le SAMEDI 14 JUIN 2008 à 19H30,
à PARIS, place Armand Carrel (métro Laumière)

La peur entretenue de la nuit fait de l’ombre aux violences de la journée : NON les violences n’ont pas d’heure et elles sont partout ; dans les maisons, dans la rue, au travail…
En sortant la nuit, nous sommes considérées comme à disposition des hommes. L’espace public (métro-bus, parcs, bars, rues) soi-disant neutre, est recouvert d’images de femmes «accessibles», banalisant ainsi une culture du viol.
Reluquées à vélo, sermonnées quand nous circulons avec nos enfants, sifflées sur le trottoir…

Nous voulons être libres de circuler de jour comme de nuit.
Nous sommes autonomes et responsables !

Nous marcherons contre toutes les violences patriarcales, qui se passent dans l’espace public comme dans l’espace privé de la famille.
Nous marcherons contre la peur et la culpabilité inculquées dans la culture et l’éducation.
Nous marcherons dans la rue pour dénoncer les violences, viols et meurtres.

Les agressions masculines sont la première cause de mort et d’invalidité permanente pour les femmes du monde entier.
La violence des hommes contre les filles, les femmes et les lesbiennes ne connaît ni classe, ni ethnie, ni culture, ni religion, ni appartenance politique, en France comme ailleurs.

Nous refusons la récupération de ces violences par les pouvoirs publics et politiques à des fins racistes et de contrôle social, au nom de la sécurité des villes (vidéosurveillance, contrôles au faciès, rafles, loi sur le racolage passif, …).
Nous dénonçons la répression policière et les lois d’exclusion qui rendent encore plus vulnérables aux violences masculines les femmes précarisées.

Nous reprendrons l’espace public par une pratique collective et autodéterminée sans drapeaux, ni partis !

Nous dénonçons les violences spécifiques faites aux lesbiennes parce qu’elles s’aiment, affirment leur existence, se réapproprient les espaces, échappent au contrôle des hommes.

Nous sommes fortes, fières, nous sommes solidaires et en colère.
Nous prenons la rue et la parole pour affirmer en tant que filles, femmes, lesbiennes et féministes, la liberté de décider de nos vies partout et toujours !

Marchons la nuit, pour ne plus nous faire marcher dessus le jour !

marchedenuit2008@gmail.com

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Actu diverse
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 27 avril 2008
"Road to Mecca" est une pièce qui se joue au Théâtre de la Boutonnière jusqu'au 24 mai 2008 ...

D'Athol Fugard
Mise en scène d'Habib Naghmouchin
Avec Geneviève Mnich, Cécile Lehn, Eric Prigent.

Déjà vous dire que cette petite salle est un vrai petit bijou, qui donne l'impression que les acteurs jouent dans notre salon, rien que pour nous ... dont le propriétaire est le metteur en scène (qui a décidément très bon goût) ...


[Photo perso]

Le résumé de la pièce trouvé dans la presse (ici):
Un drame minimaliste, actuel et poignant écrit par l'auteur sud-africain Athol Fugard, scénariste du film 'Mon nom est Totsi'. Helen aujourd'hui veuve, vit dans un petit village bigot au beau milieu du bush d'Afrique du Sud. Après la perte de son époux, elle s'est découvert un don pour la sculpture. Elle construit jour après jour une oeuvre singulière et imposante sa 'Mecque'comme elle l'appelle, qui par son originalité dérange les valeurs de ses voisins. Pour eux, elle est la vieille excentrique du village. Dans sa vie Helen n'a plus qu'Elsa, une jeune femme indépendante de Cape Town. Après avoir reçu une lettre d'Helen, dans laquelle elle évoquait la possibilité d'en finir, Elsa lui rend visite. Le temps d'une soirée, leur amitié va devenir la torche qui éclaire leurs angoisses et ravive leurs espoirs. A travers ce drame minimaliste, Athol Fugard, révèle toute la puissance de son écriture. Il nous présente avec simplicité et finesse une vision, celle d'une femme isolée, en proie au doute, prête à renoncer et à sacrifier la quête de toute une vie. Les thèmes de l'identité, du besoin de reconnaissance par l'autre, de l'engagement artistique et humain prennent corps à travers cette histoire et ces mots.

Helen et Elsa représentent deux générations de femmes qui incarnent la liberté et l'insoumission dans une société patriarchale, pétrie de religiosité et colonialiste ... le décor est planté dans une ferme d'Afrique du Sud (nous sommes invités dans le salon de Helen) ... deux autres personnages retiennent notre attention, le pasteur qui se révèle au final bien plus amoureux et soucieux du bien-être de Helen que désireux de l'enfermer dans une maison de retraite morose et le quatrième personnage est ... la Lumière ... enfin, c'est ma lecture ... la façon dont elle croit, et fait éclater, en une épiphanie grandiose, la liberté de Helen et fait comprendre, par ricochet, ce qui fait l'essence de l'existence.

Une pièce à voir absolument si vous croyez en l'amour, l'amitié et la liberté ! Les acteurs sont d'une justesse et d'une beauté remarquables.

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Litté, ciné et actu showbiz
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Samedi 19 avril 2008
C'est la pièce d'une copine lesbienne, Inès de Luna.
Elle se joue au théâtre Berthelot à Montreuil (Métro Croix de Chavaux).
C'est seulement 5 euros. Bougez-vous, allez voir cette pièce, soutenez cette artiste !
C'est ce soir à 20h30 et dimanche à 16 heures.

Ce spectacle est une invitation au voyage dans l’ici et le maintenant et un retour en arrière improbable aux abords du radeau de la méduse.. Farce, esquif, esquive où l’espoir et la folie voisinent dans un rire féroce.
Flottant dans une mort instable, deux errants vont évoquer leur vie, la vie. Une voix sans identité fixe fait entendre la réalité des faits, les formatages sociaux et politiques.
Musiques, images et comédiens jouent les voix déplacées, exclues qui résistent à l’anonymat montrent un monde plus récalcitrant qu’assujetti où l’invisibilité devient une arme essentielle.



En première partie, vous avez un spectacle de danse solo:

CICONIA NIGRA CREATION 30MN / N. EL ANIOU
En suivant les migrations de la cigogne noire, on survole les plaines d’ici et d’ailleurs. Depuis l’Afrique, jusqu’en Sibérie, l’oiseau nous parle des guerres humaines, hommes, femmes, disparus, mémoires, passages...

Pour plus de renseignements, cliquez ici.
par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Litté, ciné et actu showbiz communauté : Culture Lesbienne
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 6 avril 2008

3/04/2008: Des féministes iraniennes réclament le droit d'être spectatrices de leur sport national. (La Presse)



Le principal stade de soccer d'Iran, le stade Azadi («liberté» en français), à Téhéran, porte mal son nom. Les adeptes féminines du célèbre jeu de ballon ne sont pas libres d'y entrer pour voir des matchs. Mais ce n'est pas faute d'avoir essayé.

Depuis 2005, la jeune féministe Nasrin Afzali se bat aux côtés de plus de 300 femmes iraniennes pour faire tomber la règle qui, depuis la révolution islamique de 1979, leur interdit de voir leurs joueurs de soccer préférés en muscles et en os.

La raison? «Les autorités disent que ce n'est pas bon pour des musulmanes de voir le corps des hommes», explique avec un sourire moqueur la journaliste, blogueuse et militante des droits des femmes âgée de 28 ans.

De passage à l'Université Concordia hier pour assister à une conférence sur le rôle du sport dans les luttes des femmes musulmanes, Nasrin Afzali, qui vit à Téhéran, a pu expliquer comment le voile islamique a servi la cause qui lui tient à coeur en se transformant en objet de militantisme.

Lorsqu'elles ont essayé pour la première fois d'entrer dans le stade Azadi, en 2006, les militantes ont appris à leurs dépens que les gardes du stade n'entendaient pas à rire. Elles ont été encerclées, battues à coups de bâtons, et leurs pancartes ont été détruites.

La deuxième fois, les gardes ont demandé aux protestataires de monter à bord d'un autobus qui devait les conduire à l'intérieur du stade Azadi. Elles se sont cependant vite rendu compte que c'est vers la place Azadi, à des kilomètres de là, que le véhicule les menait.

La troisième fois, les manifestantes ont eu l'idée de faire du voile islamique, qu'elles sont obligées de porter, des pancartes. En rouge, elles ont écrit sur les foulards blancs: «La moitié du stade Azadi est à moi.» Elles ont encore eu droit à une bonne bastonnade, mais les gardes n'ont pu leur enlever leur voile et leur message a été entendu. La société iranienne a été saisie du débat.




Nasrin Afzali et ses comparses ont d'ailleurs connu leur heure de gloire quand le cinéaste iranien Jafar Panahi leur a dédié le prix qu'il a remporté au festival de Berlin pour le film Offside, racontant l'histoire d'une jeune femme qui se déguise en garçon pour assister au match entre l'équipe nationale de soccer de l'Iran et celle de Bahreïn.

Les revendications des femmes aux foulards blancs ont même réussi à ébranler le président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Ce dernier, connu pour ses positions ultraconservatrices sur la place des femmes dans la société (il a déjà suggéré de rendre les trottoirs unisexes), était prêt à ouvrir les portes du stades aux femmes. Mais il a été rappelé à l'ordre. Des ayatollahs, qui ont un droit de veto sur les décisions du président, ont invoqué la loi islamique.

Nasrat Afzali ne baisse pas les bras pour autant. Le combat se poursuit sur des sites web, à la radio et sur les chaînes de télévision satellite de Los Angeles, auxquelles les Iraniens ont accès.

Tout ça pour l'amour du soccer? «Non, je déteste le soccer! laisse tomber la journaliste iranienne. Mais la ségrégation des sexes est une des politiques centrales du régime islamique. Nous avons pensé qu'un des meilleurs symboles pour représenter notre opposition est le stade. Ça nous a permis aussi de rallier les adolescentes, qui ne s'intéressent pas particulièrement aux droits des femmes, mais adorent le soccer.»

Le sport politisé

L'Iran n'est pas le seul pays musulman où le sport est devenu une question politique, signale une des organisatrices de la conférence qui a eu lieu à Concordia hier après-midi, la sociologue Homa Hoodfar. «Plusieurs pays musulmans sont aussi des dictatures. Le sport ouvre aux femmes un nouvel espace démocratique», précise-t-elle. C'est le cas en Égypte, au Nigeria et au Soudan, notamment.

Par ailleurs, l'universitaire rappelle comment le ballon a rebondi jusque dans la cour du Québec l'an dernier lorsqu'une jeune joueuse de soccer a été expulsée d'un match parce qu'elle portait le hijab. «Quand de jeunes femmes portent le hijab au soccer, elles mettent de l'avant leur identité de musulmane, certes, mais elles s'opposent aussi à la tradition qui voit d'un mauvais oeil les femmes qui font du sport.»

Par: Laura-Julie Perreault

29 mars 2008

[Source: http://wluml.org/french/newsfulltxt.shtml?cmd[157]=x-157-561212 ]

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Féminismes
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Dimanche 23 mars 2008

[Suite de l'article de Nella Nobili, publié dans Le Magazine Littéraire n°163]



ReneeVivien-NatalieCliffordBarney.jpgLes folles amours de Renée Vivien et de Natalie Barney défrayent alors les chroniques, mais elles sont facilement admises car leurs protagonistes font partie des excentriques intouchables, artistes et milliardaires. L'oeuvre de Renée Vivien, versificatrice prolixe, demeure comme un témoignage de moeurs et de mode d'un moment somme toute privilégié, représentatif d'une face du lesbianisme par ailleurs réprimé. C'est l'époque où les suffragettes descendent dans la rue pour obtenir les droits les plus élémentaires des femmes.
On fait volontiers l'amalgame de ces femmes avec les "viragos" et les "homasses" lesbiennes.
Ce mouvement, dès ses débuts, est combattu et la vague de répression englobe toutes ces femmes qui veulent se singulariser, se "libérer". Toutes se heurtent à la même réprobation publique.

Plus efficacement, cette fois, la psychiatrie prend la relève. On commence par dissocier, disséquer le transport amoureux qui, surtout chez les femmes, forme réellement un tout: sentiment, sensualité, sexualité. Réduit la seule sexualité - auparavant l'Eglise avait réduit de même les choses du sexe à la bestialité - l'amour lesbien devient sous la plume prolixe de ces Messieurs l'expression de toutes les perversions polymorphes de la femme.

« C’est le phallus symbolique qui manque à la femme et que l’homosexuelle rêve de posséder, malgré qu’il puisse être, à l’état normal, remplacé pour elle par l’enfant. »

Voilà, le masque est jeté ! La femme a un devoir et un seul : mettre au monde des enfants. Hors de cela point de salut.


Et puis il y a les manque qui se rattachent à la prétendue infériorité féminine. Le phallus ! Les hommes, même les plus subtils, ont utilisé cet argument-clef pour expliquer aux femmes égarées dans les amours lesbiennes, leur incommensurable misère sexuelle due au manque de l’objet miracle qu’ils sont les seuls à détenir.

Analystes, poètes, écrivains ont stigmatisé l’inconfort provenant de ce manque fatidique dans l’amour lesbien, amour insatisfait par excellence. Dans ses beaux et terribles poèmes « maudits », Baudelaire n’échappe pas à tous les poncifs du genre. Les contempteurs de ces amours omettent l’essentiel, à savoir que tout amour-passion porte en lui la sensation d’inassouvissement.

Ni hormonal ni schizophrène, l’amour lesbien est un moment entier et complet dans la vie d’une femme. Il dure parfois toute une vie et procède souvent d’un désir, d’une nostalgie d’une autre soi-même qui serait à la fois la sœur, la mère, l’amante et aussi, pourquoi pas, le mari.


Cet amour recèle une part de narcissisme, que l’on trouve dans toute forme d’amour, avec la secrète mouvance d’aller vers soi à travers l’autre. Ici, l’autre apporte en don les sensations merveilleuses de la première, inscrites dans la mémoire cellulaire de chacune d’une façon indélébile. Les seins, le ventre doux et chaud, le nid maternel protecteur, consolateur et accueillant, attirent autant la fille que le garçon. Ce dernier, dès sa puberté, n’a pas de cesse que de retrouver ces sensations avec les femmes. Les adolescentes, dans cette quête identique, ne trouvent pas ce qu’elles cherchent dans les premières étreintes maladroites de leurs partenaires.

 

Confrontées à une sexualité qui leur est étrangère, une grande partie des femmes préfèrent ne pas vivre leur propre sexualité mais subir leur partenaire, plutôt que de revendiquer une part plus entière dans la découverte de la jouissance. Toutes les enquêtes révèlent l’insatisfaction profonde des femmes sur le plan sensuel-sexuel. Ce refoulement sensibilise d’autant plus leur vie sentimentale comme par un jeu de sublimation acquis, par ailleurs, en mimant le comportement de leurs mères.

 

Tenter de dire l’amour lesbien est une entreprise difficile. Son approche demeure pourtant possible. Les sensations foudroyantes décrites par de nombreuses femmes lors de la rencontre amoureuse avec une autre femme, paraissent surgir des profondeurs de l’être féminin où dorment toutes les potentialités archaïques de l’être humain, auquel il n’a été donné de vivre  qu’une infime partie de ses possibilités amoureuses.

 

Aujourd’hui les femmes plus libérées approchent cet amour sans complexes. Parce qu’elles peuvent vivre indépendantes, avoir des enfants hors mariage, les femmes choisissent librement ses amours qui, d’ailleurs, au cours d’une vie, s’alternent parfois avec un égal bonheur avec des amours plus conventionnelles.

Pour nombre de femmes, l’amour lesbien demeure un choix, une possibilité dans la recherche du bonheur, auquel les générations actuelles s’appliquent avec un acharnement tel qu’il est devenu pour elles un but, un idéal de vie.

 

 

par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Lesbianismes communauté : Culture Lesbienne
ajouter un commentaire commentaires (2)    recommander
Samedi 22 mars 2008

Pour fêter le printemps comme il se doit, nous allons consacrer quelques billets à l'amour lesbien.
Cet article est tiré d'un ancien numéro  du Magazine littéraire, datant de (cette bonne année) 1980 ! Il retrace l'amour lesbien à travers les âges. Cet excellent extrait du dossier consacré à l'homosexualité est écrit par Nella Nobili.


Chut.jpg


Le primate femelle qui, le premier, se lia de tendre affection avec la favorite du mâle dominant et se procura ainsi, avec baisers et caresses, une protection et une meilleure nourriture, fut certainement le premier chaînon qui, à travers la fragile Lucy, nous permet de remonter l'échelle incertaine conduisant aux hommes et aux femmes jusqu'au creuset où se fondit l'amour lesbien avant Lesbos.
Trop occupé à chasser les mâles au rut impérieux, ce mari trompé ne s'offusqua point de l'idylle de son épouse avec sa congénère. Obnubilé par sa puissance, il put croire qu'une deuxième femelle avait pris place dans sa couche pour se soumettre à son irrésistible emprise. Et il toléra cette intruse sans chercher plus loin, du moment qu'elle avait l'odeur femelle.
Ce schéma dut se répéter pour nombre d'humanoïdes, avec un égal bonheur et avec le meilleur profit pour tout le monde.
Jusqu'au jour où la culture culturelle s'en mêla.
Les premières manifestations d'intolérance à l'égard de l'amour lesbien apparurent lorsque certaines religions inculquèrent aux femmes le sentiment du péché. A partir de ce moment, elles durent se cacher pour toutes sortes de transgressions qui allaient - avec une belle unanimité - dans le sens de l'assouvissement de leurs désirs.
Ces transgressions charriaient l'inévitable cortège de mensonges, culpabilités, deuils. Et cet amour-là fut maudit avant d'être réprimé et puni par le pouvoir en place, et plus tard par la psychiatrie des sociétés.

Les traces historiques et littéraires que l'amour lesbien a laissées avant le XIXème siècle sont minimes. Une exception, l'oeuvre de Sappho. Elle brille comme un soleil noir à travers les siècles mais nous n'en possédons que des fragments. 
En effet, se sécrits sont brûlés à deux reprises (au IIème siècle et vers 380). 
Une autre littérature - les minutes de procès pour perversité sexuelle - relate au fil du temps les répressions auxquelles l'amour lesbien a été soumis. 
Ainsi en 1535 une femme qui portait des habits d'homme est brûlée à Fontaines, une autre est pendue pour le même motif à Vitry-le-François. 
Au début du XIIIème siècle on trouve quelques traces de l'amour lesbien dans un copntexte plus propice. En plein amour courtois, une femme, Bieiris de Romans, s'adresse à une autre femme: 

" ... Je vous prie, s'il vous plaît, et au nom de l'honneur,
de ne point accorder vos faveurs à un rustre
Belle dame en qui joie et mérite s'exaltent,
et gentil parler aussi ... à vous je destine mes strophes;
car c'est en vous que sont bonheur et gaité
et tout le bien qu'on peut d'une femme espérer."

Les amours lesbiennes occuperaient un espace plus important dans la littérature si de nombreuses femmes écrivains, avant le XIXème siècle, n'avaient sans doute préféré déguiser leur héroïne avec un habit et un nom masculins, ou signer leurs écrit d'un nom d'homme, pour rester fidèles à une image immuable et figée de la féminité avec laquelle on n'a jamais transigé.

L'histoire parallèle et non écrite des amours féminines des reines et de leurs favorites, ces fidèles amies qui les suivaient jusque sur l'échafaud, pourrait constituer un genre à part dans une littérature lesbienne inexistante.
Pour ces femmes régnantes, les amitiés féminines étaient bien plus qu'un simple "repos du guerrier" entre deux accouchements royaux. Les épouses impériales trouvaient en elles de grandes consolatrices, parfois des conseillères.
L'amour lesbien a pu s'épanouir facilement durant les longues absences des hommes occupés par des guerres interminables. Comme il peut naître dans des lieux de réclusion tels les harems et les prisons. Mais cela n'est pas suffisant pour en déduire qu'il s'agit là d'un amour de remplacement, mieux admis et mieux toléré parce qu'il ne porte pas atteinte - en apparence - à l'honneur conjugal.
Il n'en est rien. Les interessées sont bien placées pour savoir quels ravages cet amour porte avec lui, comme tout amour qui opère une incursion dans le territoire du couple établi.

Cette expression amoureuse enfin était et reste, dans une certaine mesure, persécutée car elle contient en germe le facteur de subversion qui s'attache à toute manifestation parfaitement gratuite. La non-finalité génétique, l'expression,  du désir hors normes, l'amour pour l'amour, la recherche des plaisirs interdits, peuvent détourner le sens de l'évolution d'une société établie selon certaines normes, et par là même accélérer sa décadence, sa perte.

L'avènement de la psychiatrie a bien failli porter un coup fatal à l'existence de l'homosexualité féminine. Dès le début du XXème siècle, l'acharnement thérapeutique - prenant le relais des instances religieuses, avec un égal malheur pour les femmes - a voulu normaliser, guérir, banaliser des personnalités fourvoyées; celles de femmes porteuses de "troubles sexuels". Cette définition, souvent, a été moins anodine, désignant ces troubles comme des perversions, des névroses, de la folie. Les amours interdites, damnées auparavant, ont glissé naturellement dans la pathologie médicale psychiatrique.



fillemec.gifLa sorcellerie, d'abord, l'hystérie ensuite, en permanence l'amour lesbien est ainsi voué aux gémonies. Explication commode autant que tendancieuse et inexacte. Avec la dérision en prime.
En 1889, dans le Guide des plaisirs, une brasserie lesbienne de Montmartre est signalée comme curiosité pathologique ...

Début 1900, les moeurs, la mode, le féminisme naissant, ont poussé nombre de lesbiennes à assumer des rôles et des attitudes stéréotypés. La "garçonne", produit d'une vogue vestimentaire, est célébrée par une littérature masculine essentiellement voyeuriste qui projetait ses fantasmes dans l'espace des libertés de pacotille de la Belle Epoque.

[ à suivre ! ]




par AZRIYAS, lesbiennes et femmes libres publié dans : Lesbianismes communauté : Culture Lesbienne
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Texte Libre

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus